samedi, septembre 12, 2015

Duceppe veut que Québec collecte l’impôt

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La production d’une seule déclaration ferait épargner 150 millions aux particuliers, selon le Bloc

12 septembre 2015 |Pierre Saint-Arnaud - La Presse canadienne | Canada
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe
Le Bloc québécois propose de faire exactement l’inverse de ce que suggère la commission Robillard, soit de rapatrier l’administration de l’impôt fédéral au Québec, comme c’est le cas pour la TPS.
 
« Il y a déjà un pas de fait ; faisons le deuxième pas et non seulement conservons notre autonomie fiscale, mais permettons aux gens d’économiser », a déclaré le chef bloquiste, Gilles Duceppe, vendredi à Montréal.
 
M. Duceppe a invité les autres chefs de parti à se prononcer sur cette question qui, selon lui, devrait obtenir leur assentiment puisqu’elle représente des économies de temps et d’argent pour l’ensemble des contribuables. Selon ses calculs, les particuliers économiseraient ainsi 150 millions de dollars en frais administratifs, les entreprises 200 millions de dollars et le gouvernement du Québec 250 millions de dollars, pour une économie totale de 600 millions de dollars.
 
Quant à la possibilité de faire l’inverse, comme le propose le rapport de la commission Robillard, Gilles Duceppe affirme qu’on ne peut confier le Trésor québécois au gouvernement fédéral avec confiance.
 
Il fait valoir que l’Ontario, dont les impôts sont perçus par Ottawa, en est la preuve avec le refus systématique du gouvernement Harper de permettre au gouvernement de Kathleen Wynne de mettre sur pied son propre régime de retraite. « Quelle a été la réponse de Stephen Harper ? Ç’a été de dire : c’est le fédéral qui perçoit les impôts, jamais on n’acceptera ça, on ne collaborera pas, il n’est pas question d’instaurer ce nouveau mode de perception », a martelé le chef bloquiste.
 
« M. [Martin] Coiteux [président du Conseil du trésor] se trompe parfaitement, de même que Mme [Lucienne] Robillard [présidente de la Commission de révision permanente des programmes] quand ils disent que l’autonomie fiscale est préservée. C’est tout à fait le contraire, et là on en a la preuve durant cette campagne », a tranché M. Duceppe.
 
Disparition et pertinence du Bloc
 
M. Duceppe a par ailleurs refusé de se laisser impressionner par les propos de certains souverainistes rapportés par Radio-Canada, notamment de l’ex-ministre péquiste Yves-François Blanchet, selon qui le Bloc pourrait disparaître à l’issue de la présente campagne électorale. « Moi, je pense qu’il se trompe. On va prouver le contraire », s’est limité à dire le chef bloquiste.
 
Quant aux doutes sur la pertinence de maintenir un parti souverainiste à Ottawa, surtout dans un contexte où sa position est grandement fragilisée, Gilles Duceppe n’a pas voulu dire que la question l’agaçait, mais elle n’a guère semblé le préoccuper.
 
« Ça fait longtemps qu’il y en a qui reviennent avec ces vieilles questions-là plutôt dépassées, mais c’est à chaque élection que c’est posé et on a gagné la plupart des fois, a-t-il laissé tomber, avant de renvoyer la balle aux journalistes. Je me pose plutôt la question de la pertinence de ces questions-là. »