vendredi, septembre 25, 2015

Devant le Congrès, le pape livre un vibrant plaidoyer pour l'immigration

http://www.985fm.ca/international/nouvelles/

Publié par Associated Press le jeudi 24 septembre 2015 à 19h10. Modifié par Jacques Thériault à 20h33.
Devant le Congrès, le pape livre un vibrant plaidoyer pour l'immigration
Le pape François devant de Congrès des État-Unis / AP Photo/Pablo Martinez Monsivais
WASHINGTON - Le pape François est devenu jeudi le premier pontife à prendre la parole devant le Congrès des États-Unis, adressant aux politiciens et dignitaires un vibrant plaidoyer pour l'immigration.
Évoquant aussi bien la crise des migrants en Europe que les migrants latino-américains qui affluent vers les États-Unis, il a appelé les élus «à accueillir l'étranger parmi nous» et à «réagir d'une manière humaine, juste et fraternelle».

«Nous ne devons pas être effrayés par leur nombre, mais plutôt les voir comme des humains, voir leurs visages et écouter leurs histoires, en tentant de répondre à leur situation du mieux que nous le pouvons», a déclaré le pape.

Il a appelé à l'abolition de la peine de mort, aux États-Unis et à travers le monde, déclarant que la société ne peut que profiter de la réhabilitation des criminels et réaffirmant que toute vie est sacrée.

Dans le même ordre d'idées, il a demandé aux législateurs et aux Américains «de protéger et de défendre la vie à tous les stades de son développement», une référence claire à l'opposition de l'Église à l'avortement.

Il avait précédemment rappelé que la lutte contre l'extrémisme religieux nécessite un «équilibre délicat», qui assure en même temps la liberté de religion. «Aucune religion n'est immunisée face aux illusions personnelles ou à l'extrémisme idéologique», a-t-il dit. Il a mis en garde contre une simple division du monde entre les «bons» et les «méchants».

Le pape a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements quand il a fait son entrée dans la chambre principale du capitole, où les juges de la Cour suprême, des membres du Cabinet, des diplomates et d'autres invités s'étaient joints aux membres du Congrès.

Après son discours, il est apparu sur le balcon du capitole et s'est brièvement adressé à la foule de milliers de personnes réunies sur la pelouse et le National Mall devant la Maison-Blanche.

«Buenos dias», a-t-il lancé en espagnol, et la foule a hurlé une réponse.

Le pape François a demandé à la foule de prier pour lui, tel qu'il le fait toujours. En espagnol, il a ajouté reconnaître qu'il ne s'adressait peut-être pas qu'à des croyants.

«S'il y en a parmi vous qui ne croient pas ou qui ne peuvent prier, je vous demande de m'envoyer vos bonnes pensées», a-t-il dit, chaudement applaudi.

Le Saint-Père s'est ensuite rendu à la paroisse Saint-Patrick pour rencontrer des itinérants. Une foule l'a entouré à l'organisme Catholic Charities de l'archidiocèse de Washington pour prendre des égoportraits avec lui, après qu'il eut béni leur repas.

«Il ne peut y avoir de justification sociale ou morale, aucune justification, pour le manque de logement», a-t-il déclaré.

Le pape a ensuite pris la direction de New York pour diriger d'autres prières et prononcer un discours devant les Nations unies. Washington était le premier arrêt de cette visite de trois villes américaines, qui se conclura à Philadelphie.

Mercredi, à son arrivée en sol américain, il avait été accueilli à la Maison-Blanche par le président Barack Obama, avec qui il s'est entretenu à huis clos dans le bureau ovale. Il avait abordé, dans un bref discours, l'importance d'agir pour contrer les changements climatiques et pour l'accueil des immigrants. Il avait également appelé les évêques du pays à adoucir leur langage sur certaines questions sociales polarisantes et avait noté le scandale des abus sexuels du clergé.

Jeudi devant le Congrès, le sujet de la protection de la planète est revenu. Le pape a comparé les changements climatiques à «la détérioration environnementale causée par l'activité humaine». Cette fois cependant, il a précisé qu'il n'était pas contre le monde des affaires, tel que l'ont laissé entendre quelques républicains conservateurs. Il a cité un document d'enseignement catholique qui décrit les affaires comme «une noble vocation, vouée à créer de la richesse et à améliorer le monde».