jeudi, août 27, 2015

Nordiques: PKP laisse la Caisse de dépôt décider si c'est une bonne affaire

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 26 août 2015 à 16h32. Modifié par Charles Payette le jeudi 27 août 2015
Nordiques: PKP laisse la Caisse de dépôt décider si c'est une bonne affaire
Le chef péquiste et actionnaire de contrôle de Québecor Pierre Karl Péladeau, à gauche, et le député péquiste Nicolas Marceau, qui s'est opposé à tout soutien financier du gouvernement pour le retour des Nordiques./Photo: PC
RIMOUSKI, Qc - Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau estime qu'il n'est pas nécessaire de subventionner le projet de retour des Nordiques piloté par le conglomérat Québecor et il laisse la Caisse de dépôt décider si une participation est judicieuse.
M. Péladeau, actionnaire de contrôle de Québecor, a aussi évoqué mercredi la possibilité que le Fonds de solidarité FTQ soit un partenaire financier.

«Si la Caisse est éventuellement sollicitée et considère que ça peut être une bonne affaire, ce sera à eux autres comme dirigeants de déterminer, a-t-il dit. Ce n'est pas moi qui vais prendre leur décision.»

En concluant un caucus de deux jours des députés péquistes à Rimouski, en prévision de la rentrée parlementaire, M. Péladeau a cependant exclu toute subvention de l'État.

«Je ne crois pas qu'il y ait de subvention qui soit requise, a-t-il dit en conférence de presse. Maintenant, si le promoteur de la candidature de la propriété d'une équipe de hockey professionnel à Québec, pour ne pas dire les Nordiques, souhaite solliciter des gestionnaires de fonds, c'est une éventualité qui est offerte à ces entreprises qui sont gestionnaires de fonds pour investir.»

Le conglomérat Québecor a déposé cet été un dossier de candidature dans le cadre du processus d'expansion de la Ligue nationale de hockey. L'entreprise a annoncé en juillet qu'elle était à la recherche de partenaires financiers dans l'éventualité d'une transaction.

Mercredi, le vice-président aux affaires publiques de Québecor, Martin Tremblay, a affirmé qu'aucune demande n'a été formulée aux représentants gouvernementaux.

«Nous n'avons eu aucune discussion avec des représentants gouvernementaux quant à un soutien financier dans le cadre du processus d'expansion de LNH, a-t-il répondu dans un courriel. Dans le même sens, nous n'avons eu aucune discussion formelle avec des partenaires privés potentiels. Québecor est le promoteur unique soumis à la LNH dans son dossier de candidature.»

En septembre 2014, le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, avait évoqué la possibilité d'un partenariat avec Québecor pour ramener une équipe de la LNH à Québec, bien que l'entreprise n'ait alors formulé aucune demande à ce sujet.

L'amphithéâtre de Québec, construit par la Ville de Québec et le gouvernement dans le but de favoriser un retour des Nordiques, doit être inauguré au début du mois de septembre prochain.

Le ministre de l'Économie et du Développement économique, Jacques Daoust, était demeuré plus réservé sur la possibilité que le gouvernement accorde une garantie de prêt à Québecor.

Plus tôt mercredi matin, le député péquiste Nicolas Marceau s'est opposé à tout soutien financier du gouvernement pour le retour des Nordiques.

Dans un bref échange avec des journalistes, M. Marceau, porte-parole en matière de finances, a estimé que l'État n'a pas à financer ce projet, qui doit selon lui relever uniquement du secteur privé.

«Moi je ne vois pas de ce genre de choses, a-t-il dit. C'est une entreprise privée qui doit faire des sous, c'est tout.»

En conférence de presse, M. Péladeau a annoncé qu'il effectuera une tournée pour rencontrer les acteurs économiques, dont des dirigeants d'institutions comme Hydro-Québec et Investissement Québec, des représentants de fonds de travailleurs ainsi que des chefs d'entreprises.

Le chef péquiste a accusé le premier ministre Philippe Couillard de ne pas avoir de plan économique et de laisser toute la place «à la logique comptable et doctrinaire du président du Conseil du trésor», Martin Coiteux, «qui n'hésite pas à sacrifier le modèle québécois».

M. Péladeau a également estimé que la tendance à la polarisation entre libéraux et péquistes, observée récemment, donnera plus de place au discours sur l'indépendance du Québec.

«Cette polarisation va faire en sorte que nous reparlions de l'indépendance du Québec, chose que nous n'avons, tristement, pas suffisamment fait dans les années antérieures», a-t-il dit.

Le chef péquiste n'a pas donné d'indication sur la position qu'il a l'intention de prendre dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public.

«Nous allons voir, un petit peu, la façon dont les choses vont tourner, a-t-il dit. Vous connaissez notre position au PQ, c'est celle du modèle québécois. Est-ce que l'État est à parfaire? Toute organisation est à parfaire. Est-ce qu'on doit tout démolir? Certainement pas.»

Vantant les vertus du modèle québécois, M. Péladeau a refusé tout étiquetage gauche-droite.

«Je ne pense pas que ce soit utile d'exprimer aussi simplement, mais ce que je peux vous dire et je vais le réitérer: est-ce que le développement économique est à gauche ou à droite? Moi je dirais qu'il est d'abord et avant tout dans l'intérêt des Québécois», a-t-il dit.

M. Péladeau a insisté sur le caractère distinct du Québec, dont la fiscalité plus lourde que dans le reste de l'Amérique du Nord a pour contrepartie les services à la population.

«C'est ce qui fait notre singularité et c'est ce qui fait aussi notre solidarité, a-t-il dit. Le Québec se distingue par ses attributs et ses caractéristiques de solidarité beaucoup plus importante que celle que nous retrouvons ailleurs en Amérique du Nord.»