mardi, août 25, 2015

Les lâcheux

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Richard Martineau
Ainsi, le départ de deux députés libéraux, Marguerite Blais et Gilles Ouimet, coûtera un million de dollars aux contribuables.
Un million de dollars (auxquels s’ajoutent les généreuses « allocations de transition ») qui n’iront pas en santé ou en éducation, mais qui serviront pour l’organisation d’élections partielles.
Pourquoi ?
Parce que madame et monsieur trouvaient ça plate d’être simples députés.
Ils voulaient relever des défis plus stimulants.
Ils se seraient vus ministres.
Malheureusement, Philippe Couillard ne leur a pas fait cette fleur.
Alors madame et monsieur sont partis en cours de mandat, et ont refilé la facture à l’État.
Bravo.
C’est ce qu’on appelle avoir l’esprit d’équipe.
PAS IMPORTANT, ÊTRE DÉPUTÉ ?
Je suis peut-être vieux jeu, mais il me semble que lorsqu’on se lance en politique, ce n’est pas pour servir sa carrière personnelle.
C’est pour servir l’État et le gouvernement.
Si le premier ministre décide que vous ne ferez pas partie du Conseil des ministres dans le présent mandat, c’est parce qu’il trouve que d’autres personnes feraient un meilleur job que vous.
Il a peut-être tort, il peut se tromper, mais c’est lui le patron. C’est lui qui décide.
C’est lui qui vous envoie sur la glace et qui vous dit quand et avec qui jouer...
Et puis, quand vous claquez la porte parce que vous n’avez pas été nommé ministre, ce que vous dites, en fait, est que le boulot de député n’est pas très important.
Que les députés sont des pions. Et que le job de pion ne vous intéresse pas, que vous êtes destinés à faire des choses plus importantes que « simplement » défendre les intérêts de vos électeurs...
C’est l’idée que vous vous faites de notre système électoral ? Il y a le premier ministre, les ministres et « les suiveux » qui réchauffent le banc et lèvent docilement la main quand on leur dit de lever la main ?
LES INTÉRÊTS DU QUÉBEC
Vous dites avoir choisi la politique car vous avez les intérêts du Québec à cœur.
Mais est-ce avoir les intérêts du Québec à cœur que d’entraîner des dépenses inutiles d’un million de dollars et plus ? En pleine période de « rigueur » ?
Quel message envoyez-vous ?
Croyez-vous que votre départ vaut un million de dollars ? Que c’est de l’argent public bien dépensé ?
Ça ne vous aurait pas tenté de prendre votre mal en patience et d’attendre les prochaines élections générales avant de partir ?
Un gouvernement, ce n’est pas une entreprise.
Ce n’est pas un chef d’entreprise qui vous a donné un job, ce sont les électeurs. Et ces électeurs, lorsqu’ils ont voté pour vous, s’attendaient à ce que vous accomplissiez votre tâche (quelle qu’elle soit) jusqu’à la fin de votre mandat.
C’était ça, le « deal ».
Si ça ne vous tentait pas d’être simple député, vous auriez dû le dire à vos électeurs AVANT d’être élu. Au moins, ça aurait été clair.
Mais non : vous vous présentez comme un joueur d’équipe, mais quand ça ne fait pas votre affaire, vous sacrez le camp.
Avec une généreuse « allocation de transition » en poche, bien sûr. Pour vous remercier d’avoir lâché votre boulot à mi-parcours.
Et d’avoir mis votre gouvernement dans l’embarras...