vendredi, août 07, 2015

Le Canada est-il en récession? Harper ne veut plus commenter

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Publié par La Presse Canadienne le vendredi 07 août 2015 à 17h15. Modifié par Danielle Arsenault à 17h23.
Le Canada est-il en récession? Harper ne veut plus commenter
Les 4 chefs lors du débat de jeudi soir/La Presse Canadienne
OTTAWA - Tandis que le chef conservateur Stephen Harper refusait de préciser, vendredi, s'il reconnaissait effectivement que le Canada était en récession, son opposant libéral Justin Trudeau prévenait qu'il n'avait pas l'intention d'équilibrer le budget précipitamment.
En ce lendemain de débat, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, se félicitait pour sa part d'être parvenu à arracher un aveu au premier ministre sortant, ce dernier n'ayant pas nié que le pays était en récession.

«M. Harper l'a finalement admis: nous sommes dans une deuxième récession», a résumé M. Mulcair en matinée lors d'un point de presse à Toronto, se disant au passage satisfait de sa performance de jeudi soir.

De son côté, le chef du Parti conservateur ne semblait pas avoir envie de revenir sur la question. Invité à préciser sa pensée en point de presse, il a esquivé les questions des journalistes, préférant faire valoir que «80 pour cent de l'économie canadienne est en santé et en croissance».

Il a ensuite décidé de passer à l'offensive, accusant ses adversaires de réserver aux Canadiens un plan qui consiste à hausser les taxes et les dépenses, ce qui plongerait le pays dans des «déficits permanents» — un véritable mantra depuis le début de la campagne électorale.

Le thème de l'économie a donc continué à dominer en cette sixième journée de campagne, à la grande satisfaction de Justin Trudeau, qui s'est de nouveau attaqué à l'héritage économique du Stephen Harper.

Il n'a pas voulu s'avancer sur le temps que pourrait mettre un gouvernement libéral à redresser les finances publiques. «Nous nous sommes engagés à équilibrer le budget. Mais le temps que ça prendra pour y arriver dépendra de la taille du gâchis que M. Harper nous a laissé», a-t-il raillé.

Les trois chefs ont passé leur journée dans la grande région de Toronto, riche en sièges électoraux.

À des milliers de kilomètres à l'est de là, le leader du Bloc québécois s'indignait d'avoir été exclu du débat anglophone de la veille, organisé par Maclean's, où il a été question de... référendum.

«J'ai trouvé ça surréaliste», a laissé tomber Gilles Duceppe en entrevue avec La Presse Canadienne.

Il peine à réconcilier le fait que les partis fédéralistes martèlent que l'enjeu de la souveraineté n'intéresse plus personne, mais que leurs chefs y aient consacré une importante portion d'un débat auquel il n'avait pas été invité.

«Ces gens-là, que j'appelle le Bloc canadien, n'arrêtent pas de dire que les Québécois ne sont plus intéressés par ça, ils m'excluent du débat et ils prennent une demi-heure pour parler comment les Québécois devront décider et quelles règles ils vont nous imposer», a poursuivi M. Duceppe.
Harper pressé d'agir
Une coalition d'organisations canadiennes demande au premier ministre Stephen Harper d'intervenir dans le dossier d'un Canadien détenu aux Émirats arabes unis (ÉAU) depuis près d'un an.

Salim Alaradi est derrière les barreaux depuis août dernier sans qu'aucune accusation ne soit portée contre lui. Sa famille, qui n'a reçu aucune explication, ignore pourquoi il est détenu exactement.

Ce Canadien d'origine libyenne a immigré au Canada des ÉAU avec sa famille en 1998. Il a vécu à Vancouver jusqu'à ce qu'il retourne aux Émirats, en 2007, pour gérer une entreprise d'appareils ménagers avec son frère.

En août dernier, alors que sa famille et lui étaient en vacances, il a été brusquement arrêté avec son frère par les services de sécurité du pays.

Sa famille a passé les deux mois suivants sans savoir s'il était mort ou vivant. Elle lui a parlé au téléphone quelques fois depuis cette arrestation, et l'a visité une seule fois à la prison d'Abou Dabi où il est détenu. Sa femme a remarqué une brûlure sur sa main et elle craint qu'il ne soit torturé.

Ses proches ont attendu des mois pour que des accusations soient présentées ou que M. Alaradi, 46 ans, soit relâché, comme ce fut le cas avec son frère, mais sa détention continue de s'étirer à coups de prolongations de 30 jours.

Après sept mois, la femme de M. Alaradi et leurs cinq enfants, âgés entre trois et dix-sept ans, ont quitté les ÉAU et ont emménagé avec des membres de leur famille à Windsor, en Ontario. Ils ont commencé dénoncer publiquement l'affaire il y a quelques semaines, alors que le premier anniversaire de sa détention approche.

Plusieurs organisations se sont impliquées, notamment Amnistie internationale Canada, la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles et la Communauté canadienne libyenne.

«Votre intervention est cruciale pour assurer que les droits de M. Alaradi soient respectés et maintenus, ont-ils écrit dans leur lettre. Il est essentiel que le Canada demande sa libération, à moins qu'il ne soit immédiatement accusé d'une infraction criminelle reconnue et traduit rapidement en justice dans le cadre d'un procès équitable.»

Interrogé à propos de ce dossier, le ministère des Affaires étrangères a seulement indiqué que des services consulaires étaient fournis à un Canadien détenu aux ÉAU et que de «hauts responsables canadiens» étaient en contact avec «les autorités compétentes» de ce pays.

Amnistie internationale a noté que M. Alaradi faisait partie de dix hommes d'origine libyenne détenus en même temps aux ÉAU. La famille Alaradi se questionne à savoir si le fait qu'un autre des frères de la famille ait déjà été membre des Frères musulmans aurait pu être un facteur. Elle soutient toutefois que lui-même ne s'est jamais impliqué en politique.