jeudi, août 13, 2015

La Cour suprême d'Arabie saoudite pourrait réviser la peine de Raif Badawi

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 12 août 2015 à 15h37. Modifié par Danielle Arsenault à 15h55.
SHERBROOKE, Canada - La Cour suprême d'Arabie saoudite serait prête à réviser le dossier du blogueur Raif Badawi, condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir critiqué l'islam et le régime saoudien.
À Sherbrooke où elle est réfugiée avec ses trois enfants, la conjointe de M. Badawi, Ensaf Haidar, semblait confiante, mercredi, de voir une réduction de la lourde peine qui lui a été infligée après qu'un fonctionnaire du ministère saoudien de la Justice l'eut informée d'une révision de la cause.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était de passage mercredi après-midi à la résidence de Mme Haidar où il a pressé le gouvernement fédéral d'intervenir auprès de l'Arabie saoudite afin que ce pays libère M. Badawi.

Pour lui, Ottawa doit intervenir directement et agir «au nom des droits humains».

Gilles Duceppe dit vouloir être optimiste mais il joue de prudence.

«Il faut être vigilant. Ils peuvent régler certes, mais aussi modifier la peine pour la baisser ou l'augmenter», a-t-il averti, entouré de journalistes devant la résidence de Mme Haidar.

Le chef bloquiste estime que son intervention ne vise pas à attaquer le gouvernement Harper mais plutôt à lui demander d'intervenir en cette période cruciale pour qu'il soit libéré afin de régler une situation qui perdure.

Rappelant la conférence de la coalition de pays contre l'État islamique tenue récemment à Québec, il a estimé que le Canada devait profiter de ce contexte pour intensifier les pressions.

«Cela n'a pas de sens de se faire servir une peine moyenâgeuse. Et Mme Haidar a vanté l'accueil qu'elle reçoit ici et le Canada et le Québec sont prêts à accueillir M. Badawi», a poursuivi le chef du Bloc.

Le tribunal saoudien avait pourtant confirmé récemment que M. Badawi, âgé de 31 ans, devra purger sa peine, ajoutant même que la décision était finale.

Raif Badawi, arrêté il y a trois ans, n'a subi qu'une seule séance de coups de fouet. Les autres qui étaient prévues ont été reportées en raison de son état de santé.

La cause du blogueur a fait le tour du monde et M. Badawi a reçu bon nombre d'appuis.

Au Québec, Amnistie internationale s'est aussi impliquée dans le dossier.