lundi, juillet 27, 2015

Sécurité et économie au menu de la visite d'Obama en Éthiopie

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Mise à jour le lundi 27 juillet 2015 à 5 h 16 HAE  Reuters
Le président Barack Obama et le président éthiopien, Hailemariam Desalegn
Le président Barack Obama et le président éthiopien, Hailemariam Desalegn  Photo :  Tiksa Negeri / Reuters

Barack Obama a rencontré lundi le premier ministre Hailemariam Desalegn au premier jour de sa visite en Éthiopie, la première d'un président des États-Unis dans le pays de la Corne de l'Afrique, pour des discussions centrées sur la lutte contre les islamistes somaliens et le renforcement des liens économiques.
Barack Obama est arrivé à Addis Abeba en provenance de Nairobi, au Kenya, le pays de son père, où il a appelé les Kényans à se battre pour la démocratie, les droits des femmes et des homosexuels, et contre le tribalisme et la corruption.
L'Éthiopie contribue comme le Kenya à la lutte contre le groupe radical islamiste Al Chabaab en Somalie et dans un communiqué diffusé lundi, la Maison-Blanche a rappelé l'engagement des États-Unis à « aider les pays africains à accroître leur capacité à faire face aux menaces immédiates représentées par les organisations terroristes ».
Autre grand sujet de la visite du président américain, l'économie sur un continent dont la Chine est devenue en 2009 le premier partenaire commercial aux dépens des États-Unis.
Samedi au Kenya, Barack Obama s'est adressé à des chefs d'entreprise africains, les appelant à contribuer à combattre les idéologies violentes et extrémistes et à promouvoir la croissance.
Le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, au pouvoir depuis un quart de siècle, a réussi à transformer le pays, dévasté par la famine dans les années 1980, en lui assurant une croissance vigoureuse qui s'appuie largement sur l'investissement public.
Discussions sur le Soudan du Sud
L'Éthiopie n'en reste pas moins l'un des plus pauvres d'Afrique en termes de PIB par habitant et l'opposition, qui n'a décroché qu'un seul siège d'élu lors des élections législatives de mai dernier, dénonce le manque de libertés politiques.
La Chine investit beaucoup en Éthiopie, finançant de nouvelles routes, voies de chemin de fer ou barrages avec l'ambition d'industrialiser un pays reposant jusqu'ici largement sur le secteur agricole. Une entreprise chinoise a notamment construit la nouvelle ligne de métro d'Addis Abeba.
Barack Obama doit également s'entretenir lundi avec plusieurs dirigeants africains de la situation au Soudan du Sud, déchiré depuis plusieurs années par une sanglante guerre civile, a annoncé une responsable de la présidence.
Selon cette dernière, l'autorité intergouvernementale sur le développement, un groupe de pays africains à l'origine de négociations entre les partisans du président Salva Kiir et ceux du dirigeant rebelle Riek Machar, a fixé une date butoir au 17 août pour que les deux camps acceptent une offre de paix définitive.
S'il n'y parviennent pas, de nouvelles mesures devront être examinées. « Je ne pense pas que quiconque puisse nourrir d'espoirs démesurés de réussite. Les parties se sont montrées considérablement indifférentes au destin de leur pays et de leur peuple et c'est difficile de changer cela », a dit cette responsable.
Parmi les éléments d'un « plan B » à l'étude, figurent l'hypothèse d'un embargo sur les armes et des sanctions et restrictions de mouvements visant des personnes physiques.
Les combats au Soudan du Sud ont déjà tué des milliers de personnes et provoqué le déplacement de plus de 2,2 millions de réfugiés. Environ 40 % de la population dépend de l'aide humanitaire, en majorité fournie par les États-Unis.