samedi, juillet 18, 2015

Levée de la barricade à La Romaine

http://www.ledevoir.com/politique/

Une rencontre est prévue le 22 juillet entre des ministres et le chef Wapistan

18 juillet 2015 |Pierre Saint-Arnaud - La Presse canadienne | Québec
Le chef Wapistan a dit vouloir rencontrer le premier ministre Philippe Couillard parce qu’il est incapable d’obtenir des résultats ailleurs.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne

Le chef Wapistan a dit vouloir rencontrer le premier ministre Philippe Couillard parce qu’il est incapable d’obtenir des résultats ailleurs.

Le chef des Innus de la communauté de Nutashkuan, Rodrigue Wapistan, n’en démordait pas : la barricade qui bloque depuis mercredi l’accès au chantier du mégaprojet hydroélectrique de La Romaine, sur la Côte-Nord, ne devait pas être retirée tant que le premier ministre Philippe Couillard n’accepterait pas de le rencontrer.

« C’est la seule façon de dénouer l’impasse, a-t-il affirmé catégoriquement vendredi. Je ne demande pas le ciel. Je veux simplement avoir une discussion en tête-à-tête avec lui », a-t-il ajouté.

Finalement l’ouverture au dialogue s’est faite puisque le blocus a été levé, vendredi soir, à la suite d’une entente entre M. Couillard et le chef de la communauté innue Rodrigue Wapistan pour la tenue d’une rencontre le 22 juillet. Cette rencontre réunira le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, ministre responsable du Plan Nord et ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley ainsi que M. Wapistan.

Par voie de communiqué, le premier ministre a souligné l’importance du dialogue dans un tel dossier pour solutionner cette problématique.  

Tant M. Couillard que son ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, avaient pourtant opposé jeudi une fin de non-recevoir à la demande du chef Wapistan, indiquant qu’une société ne pouvait accepter que des citoyens bloquent des routes pour rencontrer le premier ministre.
   
Les Innus invoquent le non-respect de l’entente Nanemessu-Nutashkuan, conclue en 2008. Ils reprochent ainsi à Hydro-Québec d’avoir inondé les bassins 1 et 2 sans les avoir avertis et, surtout, en y laissant la moitié du bois, contrairement à ce que prévoyait l’évaluation environnementale.

Outre la perte de la récolte, les Innus signalent que cette façon de procéder entraîne de fortes augmentations des taux de mercure dans l’eau, portant atteinte à la faune et, conséquemment, à leurs activités de chasse et de pêche.