mercredi, juillet 08, 2015

La Grèce présentera des propositions à ses créanciers jeudi

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Reuters
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras  Photo :  Vincent Kessler / Reuters

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a demandé mercredi à ses partenaires de la zone euro de conclure un « compromis honorable » pour remettre son pays sur la voie de la croissance et régler la crise de l'endettement au bénéfice de toute l'Europe.
Les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro ont décidé mardi de se donner jusqu'à dimanche pour conclure un accord d'aide financière contre des réformes avec le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui doit présenter des propositions.
Les Grecs ont massivement rejeté dimanche dernier, par référendum, un plan proposé par les créanciers d'Athènes. Ses partenaires ne cachent plus leur exaspération, au point d'envisager unGrexit, soit une sortie de la Grèce de l'euro.
Au lendemain du sommet de Bruxelles, Alexis Tsipras s'est présenté devant les députés européens réunis à Strasbourg pour exhorter ses partenaires à faire des concessions.
« Nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture qui serait une rupture avec la tradition européenne. Nous sommes tous conscients des enjeux et nous sommes prêts de notre côté à prendre nos responsabilités historiques », a-t-il dit devant un hémicycle comble.
Alexis Tsipras a annoncé que son gouvernement présenterait jeudi des propositions concrètes à ses créanciers afin de trouver une solution avec ses partenaires européens pour mettre fin à la crise.
« Demain, nous allons soumettre des propositions concrètes pour un accord juste, des propositions de réforme fiables », a-t-il déclaré devant les députés européens.
« Nous voulons lutter contre le règne des oligarchies et des cartels, contre la fraude et l'évasion fiscale, nous voulons moderniser l'État. Ce sont pour nous des priorités et nous attendons l'accord de nos partenaires sur ces priorités », a déclaré le premier ministre grec, reconnaissant que les précédents gouvernements avaient gaspillé les fonds européens.
Le premier objectif, a-t-il ajouté, doit être de lutter contre le chômage et d'aider les entreprises, tout en faisant payer les contribuables les plus riches qui n'ont pas connu selon lui les effets de l'austérité.
Mais pour cela, il faudra trouver une solution durable sur la dette grecque impayable et qui a surtout servi selon lui à renflouer les banques des autres pays.
Athènes, a-t-il dit, ne veut pas faire peser la charge sur les contribuables européens, mais trouver une solution qui sortira l'Europe de son impuissance à régler la crise de l'endettement qui « s'autoalimente ».
La Grèce réclame au MES un prêt de trois ans, s'engage à réformer

La Grèce s'engage à réformer dès la semaine prochaine son système de retraites et sa fiscalité pour obtenir de ses partenaires européens un prêt de trois ans couvrant les remboursements de sa dette, écrit-elle dans une lettre adressée mercredi au Mécanisme européen de stabilité (MES).

Dans cette missive rendue publique par le gouvernement d'Alexis Tsipras, Athènes promet aussi d'honorer ses obligations financières et de détailler d'ici jeudi ses propositions pour qu'elles soient examinées par ses créanciers.

« Nous avons confiance dans le fait que les États membres comprennent l'urgence de notre demande de prêt étant donné la fragilité de notre système bancaire, notre pénurie de liquidités disponibles, nos obligations à venir, notre accumulation d'arriérés sur le plan intérieur et notre volonté affichée d'apurer nos arriérés vis-à-vis du FMI et de la Banque de Grèce », écrit le ministère grec des Finances.

Athènes salue aussi « l'occasion d'envisager des mesures potentielles » pour assurer la viabilité de sa dette dans le cadre des discussions plus larges susceptibles de s'ouvrir.

Le montant du prêt réclamé au MES n'est pas spécifié, selon une source de la zone euro ayant eu connaissance du document.