mercredi, juillet 22, 2015

Découverte de ce qui pourrait être l'un des plus vieux corans du monde

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   Radio-Canada avec Reuters et BBC
Ce qui pourrait être les plus vieux fragments du coran identifiés à ce jour a été retrouvé à Birmingham.
Ce qui pourrait être les plus vieux fragments du coran identifiés à ce jour a été retrouvé
 à Birmingham.
  Photo :  Frank Augstein

Des fragments d'un des plus vieux corans du monde se cachaient sur les tablettes de l'Université Birmingham depuis plus d'un siècle. Une découverte d'autant plus réjouissante que ces pages auraient pu être écrites du temps de Mahomet.
Un test de datation au carbone 14 a révélé que le manuscrit comptait quelque 1370 années d'existence. « [Ces pages] pourraient nous ramener à quelques années après le début de l'islam », a confirmé à la BBC le professeur spécialisé en islam et christianisme David Thomas.
« Selon les croyances musulmanes, le prophète Mahomet a reçu les révélations qui ont permis d'écrire le Coran, à la base de l'islam, entre les années 610 et 632, l'année de sa mort », poursuit-il.
« La personne qui a écrit ces pages pourrait aussi bien avoir connu le prophète Mahomet. Elle pourrait même l'avoir entendu prêcher. »— David Thomas, professeur spécialisé en islam et christianisme
Trouver l'un des plus vieux fragments du coran est « incroyablement excitant », confie la directrice responsable des collections spéciales à l'Université, Susan Worral. « Même dans nos rêves les plus fous », jamais on n'aurait pu imaginer que ces fragments soient aussi vieux, admet-elle.
Les analyses menées par l'Université Oxford ont conclu qu'il y a plus de 95 % de probabilités que ces deux pages aient été écrites entre 568 et 645.
Comme les tests au carbone 14 ne permettent pas de déterminer une date exacte, impossible toutefois de confirmer qu'il s'agit du plus vieux coran jamais retrouvé. Mais selon les spécialistes, il se classe assurément parmi les plus anciens.
Très semblable au Coran d'aujourd'hui
Rédigé en « hijazi », une vieille forme d'arabe écrit, ce manuscrit révèle en plus une version qui se situe très près du Coran actuel. « [Cette découverte] renforce l'idée que ce texte a été peu ou pas modifié et qu'il remonte au moment exact où ont eu lieu les révélations », avance David Thomas.
Les pages retrouvées permettent d'y lire des extraits des sourates 18 et 20 du livre sacré.
« Tous les musulmans du monde aimeraient avoir la chance de voir ce manuscrit », a déclaré le président de la mosquée centrale de Birmingham, Muhammad Afzal.
Le document sera exposé à l'Université de Birmingham du 2 au 25 octobre.
Comment ces fragments ont-ils pu rester cachés si longtemps?

Ces pages font partie d'une collection de l'Université Birmingham, qui regroupe des documents du Moyen-Orient vieux de 3000 ans. C'est Alphonse Mingana, un prêtre de la Mésopotamie (ancien Irak) né près de Mossoul, qui en a fait l'acquisition durant les années 1920.

Ses voyages ont été financés à l'époque par le philanthrope Edward Cadbury, qui voulait que Birmingham devienne un haut lieu d'étude des religions.