vendredi, juillet 10, 2015

Agressée, torturée et humiliée en direct sur Facebook

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Publié le 09 juillet 2015 à 22h47 | Mis à jour le 09 juillet 2015 à 22h47
Dans la vidéo publiée sur Facebook, on voit... (ARCHIVES, La Presse)
ARCHIVES, LA PRESSE

Dans la vidéo publiée sur Facebook, on voit la femme âgée d'une vingtaine d'années subir la violence physique et psychologique de ses assaillantes pendant plus de 14 heures.

Les images abjectes d'une Congolaise d'Ottawa humiliée et torturée ont été publiées sur Facebook. On y voit la jeune victime être violemment agressée par d'autres femmes, le 4 juillet dernier, à l'intérieur de son appartement et dans le logement de ses assaillantes.
Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont indigné la diaspora congolaise partout sur le globe.
L'histoire prend naissance de la jalousie d'une femme de 40 ans envers sa jeune victime, qui aurait fréquenté le même homme.
Dans la vidéo publiée sur Facebook, on voit la femme âgée d'une vingtaine d'années subir la violence physique et psychologique de ses assaillantes pendant plus de 14 heures. Nue et épuisée, la victime a été agressée de 14h à 4h, le 4 juillet dernier.
Selon une proche de Marie (nom fictif de la victime), celle-ci est aujourd'hui incapable de manger et dormir sans se réveiller en criant.
Marie a rencontré un homme de 26 ans au printemps. Ce même homme, dont nous tairons le nom pour le moment, avait préalablement fréquenté une femme de 40 ans. Cette femme, Eunice Ilunga, a été accusée hier d'agression sexuelle, de séquestration, de voies de fait armées, d'intimidation, de méfait, de menaces et de vol de moins de 5000$.
«Pendant cette torture, [l'assaillante] appelait des gens pour dire qu'elle allait la tuer», raconte l'amie de Marie. «Un jeune monsieur est venu prendre des photos et des vidéos, et tout cela a été mis sur Facebook.»
Selon l'amie, «trois autres hommes» ont participé au sordide projet. Le groupe a surgi chez la victime, où les agressions ont débuté.
Des images insoutenables
La vidéo montre d'abord la victime nue. Une femme étend de la crème à raser sur son pubis. «Elles l'ont rasée», dit-elle, encore dégoûtée. Une deuxième vidéo met en scène la victime assise sur une toilette, toujours nue et visiblement épuisée. Une femme lui lance des injures en langue lingala, dans des propos qualifiés de « grossiers et sans pudeur » par Jean David E'ngazi, un membre de la communauté congolaise, aussi choqué par cette histoire.
Selon la traduction de M. E'ngazi, l'assaillante aurait dit: «J'enlève ces poils sales parce que les démons de la prostitution te hantent. Je te les enlève pour que tu te prostitues bien en étant propre.»
«Ensuite, [la victime] a été emmenée chez une autre femme pour être torturée jusqu'à 4h du matin, poursuit l'amie de Marie. Ce cauchemar s'est terminé lorsque Marie a été ramenée chez elle. Pendant tout ce temps, Marie était nue.»
Non seulement le groupe d'assaillants s'en est pris à la femme, mais il a détruit ses meubles, a déchiré son fauteuil et s'est emparé de son téléphone, de sa tablette et de son ordinateur.
Chez elle, Marie a alerté la sécurité de son édifice à logements. L'amie, mise au courant dans l'heure, a appelé la mère de la femme éplorée.
Menacée depuis mai
Selon la proche, Marie était la cible de menaces et d'intimidation depuis le mois de mai. «Elle se disait menacée, mais elle me dit aujourd'hui que la police n'a rien fait après qu'elle se soit plainte.»
Le Service de police d'Ottawa (SPO) n'a pas voulu commenter ce dossier jeudi.
Dans un courriel, le SPO a expliqué qu'il n'avait pas publié de communiqué, car il ne cherchait pas d'autres victimes potentiels, que la sécurité du public n'était pas directement menacée et que l'affaire était aujourd'hui devant la justice.
LeDroit a décidé de ne pas publier d'images tirées des vidéos montrant la victime par devoir de réserve et, surtout, par respect pour la victime et sa famille.