samedi, juin 13, 2015

Péladeau constate la stratégie «bon cop, bad cop»

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Publié par La Presse Canadienne le vendredi 12 juin 2015 à 18h16. Modifié par Léandre Drolet le samedi 13 juin 2015
Péladeau constate la stratégie «bon cop, bad cop»
Pierre Karl Péladeau/Wikipedia
QUÉBEC - Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a déclaré vendredi que personne n'est dupe de la stratégie de relations publiques «bon cop, bad cop» que les libéraux ont adoptée envers lui.
En dressant son premier bilan de fin de session parlementaire à titre de nouveau chef péquiste, lors d'une conférence de presse, M. Péladeau a accusé le premier ministre Philippe Couillard et son leader parlementaire Jean-Marc Fournier de s'être partagé les rôles.

«Vous connaissez cette stratégie de relations publiques, je pense qu'elle a été adoptée par le Parti libéral et le gouvernement, a-t-il dit aux journalistes. Je pense que ça ne fait plus aucun doute, c'est la stratégie du ''bon cop, bad cop''.»

En dressant lui-même son bilan parlementaire, vendredi, M. Couillard a affirmé qu'il n'a pas dérogé de sa ligne qui lui dicte de respecter ses adversaires.

«Je pense qu'on ne pourrait pas me prendre en défaut sur cette question, a dit le premier ministre. Je n'ai jamais dénigré ou commenté négativement la personnalité des gens. M. Péladeau, comme je lui ai dit aujourd'hui, remplit un rôle important dans une démocratie.»

Alors que M. Fournier a déclaré que M. Péladeau était incapable de contrôler «ses pulsions agressives», en mai, le chef péquiste a pris les propos de M. Couillard avec un grain de sel.

«Le premier ministre a souhaité de l'élévation en ce qui concerne les débats à l'Assemblée nationale, alors, c'est ce qu'il tente de faire, a-t-il dit. Mais honnêtement, je pense que personne n'est dupe. Malgré le fait que ce soit le leader du gouvernement qui adopte cette attitude de 'bad cop', ça reflète sur le patron.»

Par ailleurs, M. Péladeau s'est défendu de rechercher des retombées politiques positives en demandant au populaire maire de Québec, Régis Labeaume, de célébrer cet été son mariage avec l'animatrice de télévision Julie Snyder.

Rejetant toute velléité électoraliste, M. Péladeau a souligné que la cérémonie prévue le 15 août se déroulera dans une chapelle située sur la même place que l'hôtel de ville, dans le Vieux-Québec.

«Vous allez chercher un peu loin, a-t-il dit aux journalistes. Vous savez que le maire, Régis Labeaume, est le maire de Québec. Nous allons nous marier à Québec, d'ailleurs juste en face de la mairie.»

M. Péladeau a affirmé que le choix de l'endroit retenu pour la célébration, la chapelle du Musée de l'Amérique francophone, était symbolique pour lui et Mme Snyder.

«C'est un très bel endroit, la chapelle du musée de l'Amérique francophone, a-t-il dit. C'est un endroit aussi qui, quelque part, nous représente, Julie et moi, puisque nous sommes très fiers de notre histoire. Nous sommes très fiers de tous ceux qui nous ont précédés et nous ont permis d'être ce que nous sommes aujourd'hui.»

Pendant la campagne qui a précédé les élections partielles de lundi dernier, M. Péladeau a courtisé activement l'électorat de Québec, ce qui lui a permis de faire progresser les résultats du PQ sans toutefois réussir à faire de gain dans la capitale, où les péquistes n'ont qu'un seul siège.

«Le Parti québécois est la seule formation politique à avoir progressé dans ces deux circonscriptions de Québec, et croyez-moi, ce n'est qu'un début, a-t-il dit vendredi. Nous avons démontré que nous serons de toutes les batailles et nous allons poursuivre le travail. Les citoyens de la Capitale-Nationale, comme tous ceux et celles de toutes les régions du Québec, peuvent compter sur nous.»

Au cours des derniers mois, M. Péladeau a répété à de nombreuses occasions qu'il souhaite faire des gains au sein de l'électorat de la Coalition avenir Québec, présent notamment dans la région de la capitale.

Le leader parlementaire péquiste Stéphane Bédard a souligné vendredi la mauvaise performance de la CAQ, qui a perdu son siège dans Chauveau lundi, passé dans le giron libéral.

M. Bédard a attribué cette performance au discours du chef caquiste François Legault, qui dénonce le manque de vigueur de l'économie québécoise et des politiques de ses adversaires.

«Je regarde la CAQ principalement qui a eu une session plutôt difficile, qui a misé, on le sait, tout sur Chauveau, et qui a perdu, et qui, je pense, s'est retrouvée face à face avec ce qu'il fait depuis des mois: véhiculer l'image négative du Québec, a-t-il dit. Et je pense que ça n'a pas payé, et ce n'est pas ce qu'est le Québec. Ce n'est pas rien que le 57e État en Amérique.»

Actionnaire de contrôle de Québecor, M. Péladeau a eu l'occasion de côtoyer M. Labeaume, dont la popularité continue d'être élevée depuis son élection en 2007, quand son entreprise a obtenu le contrat de gestion de l'amphithéâtre de Québec, il y a quatre ans.

En octobre dernier, M. Péladeau avait promis, s'il devenait chef du PQ, de déclarer sur l'honneur qu'il n'intervient pas dans les salles de presse de ses médias, et de placer ses actions de Québecor dans une fiducie sans droit de regard, deux engagements qui restent à compléter.

Rappelant que les autorités fédérales des télécommunications doivent encore approuver les modifications à son patrimoine, M. Péladeau a affirmé que sa déclaration sur l'honneur se fera à cette occasion.

«Je ne peux pas vous dire quelle va être la période de temps requise et nécessaire pour que ces transferts soient effectués, mais la démarche est bien entamée», a-t-il dit.