vendredi, juin 05, 2015

Négociations du secteur public : le front commun demanderait la médiation

http://quebec.huffingtonpost.ca/

 |  Par Radio-Canada.ca   Publication: 

SAM HAMAD
ministre du Travail Sam Hamad 
Lassé par le peu de mouvement aux tables de négociation, le front commun demanderait ce vendredi au ministre du Travail Sam Hamad d'instaurer un processus de médiation.
Un texte de Davide Gentile
La demande de médiation est une étape incontournable si les syndicats veulent obtenir le droit de déclencher une grève à l'automne. Selon des informations recueillies par Radio-Canada, un des obstacles aurait trait au fait que le gouvernement voudrait négocier la question monétaire en regard d'autres éléments comme l'équité salariale.
Un gouffre demeure entre Québec et les syndicats sur la question monétaire. Le président du conseil du Trésor Martin Coiteux propose un gel pour les deux prochaines années et 1 % d'augmentation les trois années suivantes. Le front commun demande une augmentation de 13,5 % sur trois ans.
Des sources syndicales indiquent depuis des semaines que les négociateurs du gouvernement ne semblent pas avoir de mandat clair. Les comités patronaux auraient déposé des demandes plutôt vagues. « Il ne se passe pas grand-chose », résumait une source syndicale en début de semaine. Le négociateur en chef du gouvernement aurait même été interpellé pour que ses représentants déposent des offres plus précises. Au moins deux syndicats du secteur de la santé ont reçu des offres « sectorielles » jugées inacceptables depuis deux semaines. Au sein du front commun, la médiation serait perçue comme bénéfique pour faire progresser les discussions. De plus, c'est un prérequis à l'exercice du droit de grève.
Une fois nommé, le médiateur ou la médiatrice lance un processus de 60 jours. Au terme de cette période, il doit déposer un rapport qui est rendu public et ce n'est qu'à ce moment que le ou les syndicats concernés peuvent légalement déclencher une grève avec un préavis d'une semaine.
Les syndicats consultent actuellement leurs membres pour se préparer à un débrayage à l'automne. En matinée jeudi le président du conseil du Trésor Martin Coiteux semblait optimiste quant à l'allure des négociations alors qu'il annonçait que le nombre de fonctionnaires avait baissé de 622 personnes au premier trimestre de cette année.
Réitérant que le Québec devait vivre selon ses moyens, il n'envisageait pas de recourir à une loi spéciale pour décréter des conventions collectives d'ici le mois de septembre. « Je n'y pense même pas » a-t-il dit. Même si des processus de médiation étaient enclenchés les négociations se poursuivraient en parallèle. Le front commun regroupe la CSQ, le SFPQ, l'APTS, la CSN et la FTQ. Les dirigeants de ces centrales tiendront un point de presse vendredi à 9 heures 30 à Québec.