dimanche, juin 14, 2015

Des politiciens européens veulent partager leur lutte contre l'austérité avec les Québécois

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Mise à jour le samedi 13 juin 2015 à 15 h 45 HAE
Pablo Bustinduy Amador, secrétaire aux relations internationales du parti espagnol Podemos.
Le secrétaire aux relations internationales du parti espagnol Podemos,
 Pablo Bustinduy Amador.

Québec solidaire rencontre aujourd'hui des représentants des nouveaux partis de gauche européens, en visite à Montréal, pour trouver une solution de rechange aux politiques d'austérité.
Le secrétaire aux relations internationales du parti espagnol Podemos, Pablo Bustinduy Amador, dit qu'ils sont venus partager leur expérience et transmettre un message de solidarité. Son parti, porté par le mouvement des « indignés », vient de faire passer à gauche la capitale espagnole, Madrid, et la deuxième ville, Barcelone, avec l'élection de l'ancienne juge Manuela Carmena et d'Ada Colau, première femme maire de Barcelone.
En entrevue à ICI RDI, M. Amador reconnaît que le contexte espagnol et le contexte québécois ne sont pas les mêmes, mais la logique de l'austérité, elle, est « vendue » d'une façon similaire un peu partout, dit-il. On présente l'austérité « comme une espèce de rationalité économique, une espèce de bon sens, comme s'il ne pouvait pas y avoir d'alternative », dit-il.
« Les gens veulent de bons hôpitaux, les gens veulent avoir de bonnes écoles, des retraites dignes. Ils veulent que les droits de la personne soient respectés. Le sens commun, il est de notre côté. »— Pablo Bustinduy Amador
Pour expliquer la montée de Podemos, Pablo Bustinduy Amador avance que les Espagnols en eu assez de voir, « pendant des années et des années, des gouvernements supposés de gauche et des gouvernements supposés de droites, qui ont appliqué les mêmes politiques, toujours dans le même sens, dans la même direction ».
« Ce que nous disons, c'est qu'en fait, il y a une alternative. Les jeunes, les citoyens, ceux qui ont subi le pire des attaques de l'austérité peuvent faire un pas en avant et prendre le pouvoir démocratiquement pour montrer qu'il y a une autre façon de gouverner. »
« Une nouvelle majorité sociale a dit : on a en mare de ces élites politiques et économiques qui gouvernent en poursuivant uniquement leur intérêt, les intérêts de leurbusiness. »— Pablo Bustinduy Amador
« En Espagne, en 2011, il y a des milliers et des milliers de personnes qui sont sortis dans la rue - comme d'ailleurs ici au Québec aussi - pour dire : on appelle ceci une démocratie, mais une démocratie, ce n'est pas seulement voter tous les quatre ans. Ce n'est pas seulement choisir entre A ou B. La démocratie, c'est la capacité des gens communs de décider des affaires d'État », poursuit-il.
Le jeune politicien fait valoir qu'en Espagne, dans les derniers cinq ans, il y a eu un 36 % de plus de millionnaires. « Et en même temps, il y a un tiers des familles en Espagne qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Et le chômage touche 24 % de la population en générale et 50 % des jeunes de moins de 35 ans. »
« Derrière ces chiffres, il y a d'énormes souffrances humaines, alors qu'on est un pays riche. On est la quatrième économie de la zone euro. On a des ressources et il y a de l'argent. Les grandes entreprises ont fait plus de bénéfices, tous les ans. Il y a un problème de distribution. »
« Cette supposée recette de l'austérité, qui était censée résoudre le problème de la dette, du chômage, de l'inégalité... on voit que, cinq ans après, chacun de ces problèmes est de pire en pire. »— Pablo Bustinduy Amador
Le représentant de Podemos salue le mouvement étudiant québécois de 2012, un mouvement qui, selon lui, « a démontré qu'il y a des gens courageux qui luttent pour les droits ».