mercredi, juin 10, 2015

Abolition du Sénat: Mulcair persiste et signe malgré les propos de Couillard

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 10 juin 2015 à 15h19.
Abolition du Sénat: Mulcair persiste et signe malgré les propos de Couillard
OTTAWA — Thomas Mulcair ne se laisse pas démonter par l'avis du premier ministre québécois Philippe Couillard sur l'abolition du Sénat. Avec un mandat des Canadiens, il y travaillera d'«arrache-pied», promet-il.
«À travers le Canada, les gens que moi je rencontre veulent que nous on se débarrasse du Sénat. Donc nous on va chercher un mandat au mois d'octobre pour continuer cette conversation», a fait valoir le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Au lendemain de la publication d'un rapport très critique du vérificateur général sur les dépenses des sénateurs, il a martelé que la Chambre haute était une institution «vétuste», «antidémocratique» dont les membres «s'empiffrent au râtelier sans fin des fonds publics».

Un peu plus tôt, du côté de Québec, le premier ministre Couillard tenait un discours diamétralement opposé à celui du chef de l'opposition officielle à Ottawa en ce qui a trait à la pérennité de l'institution.

«Le Québec est opposé à l'abolition du Sénat» et il le sera «toujours», a-t-il tranché lorsqu'on lui a demandé de se prononcer sur les velléités abolitionnistes du NPD.

Si les pères de la Confédération ont créé la Chambre haute, c'était pour apporter «un équilibre à la réalité démographique du pays» qu'il est d'autant plus important de préserver face au déclin démographique que connaît Québec, a soutenu le chef de l'État québécois.

«Qu'il soit dysfonctionnel ces jours-ci, je pense que tout le monde va en convenir», mais «il serait contraire à l'intérêt politique du Québec de l'abolir», a poursuivi M. Couillard lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.

Un changement constitutionnel de l'ordre de celui que prône Thomas Mulcair ne se fait pas en criant ciseaux. La Cour suprême du Canada a déterminé dans un jugement en avril dernier que l'abolition du Sénat exigeait «le consentement de l'ensemble des provinces».

Philippe Couillard et son ministre des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, ont déjà témoigné de leur ouverture face à l'idée de rouvrir la Constitution.

Mais le gouvernement libéral accepterait-il de le faire sans obtenir de garanties du gouvernement fédéral? Et à l'inverse, un gouvernement néo-démocrate à Ottawa accepterait-il les demandes de Québec?

Le chef du NPD a esquivé la dernière question, réitérant qu'il souhaitait obtenir le 19 octobre prochain, lors des élections, le «mandat» d'en discuter avec ses homologues provinciaux.

Et il a promis de ne pas imiter le premier ministre Stephen Harper, qui a selon lui «jeté l'éponge sur l'abolition du Sénat» après le jugement de la Cour suprême du Canada.

Les promesses de Thomas Mulcair ont été critiquées tant par les conservateurs que par les libéraux.

Le lieutenant québécois du premier ministre Harper, Denis Lebel, a accusé le chef du NPD de chercher, comme il le fait «toujours», à s'«introduire» dans les compétences des provinces.

«Aujourd'hui, M. Couillard, le premier ministre du Québec élu par la population, dit qu'il ne veut pas d'abolition du Sénat et on dit: 'C'est pas grave'. Non, non. Il faut respecter les compétences des provinces», a-t-il martelé en point de presse dans le foyer des Communes.

Quant au chef libéral Justin Trudeau, il a accusé son adversaire de faire des promesses qu'il sera incapable de tenir.

«Ça fait des décennies que M. Harper fait des promesses qu'il sait qu'il ne pourra pas tenir sur le Sénat, et là on voit M. Mulcair en train de faire exactement la même chose, faire des promesses populaires sans aucune capacité de livrer», a-t-il soutenu en point de presse au parlement.

Le chef du Parti libéral a plaidé que le Sénat avait «un rôle à jouer» dans la fédération canadienne et que la solution était une réforme de l'institution plutôt que sa disparition.

«Les gens veulent voir du vrai changement au Sénat», mais «ce que les Canadiens et les Québécois ne veulent pas, c'est encore des chicanes constitutionnelles», a-t-il laissé tomber.