samedi, mai 16, 2015

PKP part de loin

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PKP, PQ, Peladeau
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Jean-Jacques Samson
Ça passe ou ça casse pour le Parti québécois. Pierre Karl Péladeau a obtenu des militants de ce parti le mandat fort qu’il réclamait. Pour un grand nombre de ces derniers, il est d’ailleurs depuis un an le sauveur inespéré.
Ceux qui, parmi eux, sont porteurs d’une des cartes de membre aux plus petits numéros, preuve de la profondeur de leurs racines au parti, mais qui s’étaient résignés à ne pas voir la souveraineté de leur vivant, ont retrouvé la foi.
D’autres, que le nationalisme du PQ à saveur trop identitaire, culturelle et linguistique avait fini par éloigner ces dernières années, ont trouvé un nouvel intérêt dans la forte identification de Pierre Karl Péladeau au développement économique du Québec.
Le membership n’a néanmoins pas dépassé 70 000 membres à la faveur de la course à la direction, soit la moitié de ce qu’il était en 2007.
Le parti d’une génération
Depuis 2003, le PQ a chuté jusqu’à 25 % des votes lors des élections générales de 2014. Avant 1998, il franchissait la barre des 40 % et il pouvait ainsi former des gouvernements, fort de sa longue avance chez l’électorat francophone.
Le dernier sondage Léger avant l’élection de 2014 reléguait le PQ au troisième rang chez les francophones, à 23 % seulement d’appuis. Plus grave encore, le PQ était le quatrième choix des moins de 45 ans. Seule sa clientèle vieillissante chez les 55-64 ans lui restait fidèle.
Le parti de René Lévesque est en voie de devenir le parti d’une génération. Les courbes le destinent au rang de tiers parti.
C’est de là que part Pierre Karl Péladeau samedi matin. Sans compter que l’option de la souveraineté est au plancher dans la population.
Les travaux d’Hercule
D’autre part, à l’intérieur du PQ comme dans l’ensemble de la population, PKP est ou grandement admiré ou détesté rageusement. Un gros travail de séduction s’impose à lui.
À compter de mardi, M. Péladeau fera face quotidiennement à Philippe Couillard. Un changement au poste stratégique de leader est nécessaire. Bernard Drainville, un excellent et rude parlementaire, est taillé sur mesure. Un réalignement part de là.
L’actionnaire de contrôle de Québecor est identifié au développement économique, et son nationalisme économique est bien connu.
L’économie a toujours été le talon d’Achille du Parti québécois, même si elle a été la marque de commerce d’un Bernard Landry depuis 1976. Mais il n’était pas un praticien issu du monde des affaires.
M. Péladeau devrait jouer cette carte à fond. La conjoncture s’y prête très bien. Les pertes d’emplois de qualité s’empilent par milliers: Aveos, Électrolux, Shell, MABE, Bombardier, Davie, etc.
L’identification corporative Alcan, inscrite dans le code génétique des Québécois, disparaîtra.
Si la souveraineté du Québec doit se faire, elle passera par des finances publiques saines et un taux de croissance économique fort.
De plus, à court terme, M. Péladeau est plus crédible que Philippe Couillard sur le terrain de l’économie.
Le PQ a été vu sous le gouvernement Marois comme une entrave au développement économique. Le renversement de cette perception est urgent.