dimanche, mai 17, 2015

PKP : les impressions qui collent à la peau

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La première impression laissée par Pierre Karl Péladeau lors de son entrée en politique a été interprétée comme un boulet pour son parti à l’élection de 2014. Elle pourrait désormais mieux le servir, mais il aura d’autres premières impressions à créer.
C’est bien connu, on a rarement une deuxième chance de faire une bonne première impression. En 2014, Pierre Karl Péladeau aurait pu être plus utile à son parti si son arrivée avait laissé une autre impression que celle de l’indépendantiste au poing levé. Cette image, liée à tort ou à raison à la défaite péquiste, lui colle à la peau.
Quand on change de rôle, toutefois, d’autres chances peuvent se présenter de faire bonne impression. Avouons-le, pour PKP dans son rôle d’aspirant-chef, ça n’a pas toujours été fameux. Son premier débat, par écran interposé, a cristallisé l’image d’un homme mal à l’aise avec l’expérience inédite d’avoir à passer un concours pour devenir patron. Il s’est amélioré, mais ses performances initiales ont plombé sa campagne.
Un nouvel élan
Vendredi soir, dans son rôle de chef dûment élu, PKP a bien saisi une nouvelle chance de faire une bonne première impression. Manifestement, l’apprenti politicien s’améliore. La salle où les militants étaient réunis était d’une froideur peu commune; le fait que PKP ait réussi à la faire lever montre qu’il prend du métier.
Son premier discours dans le rôle du chef a aussi renforcé l’impression que tout le monde avait déjà: PKP est là pour faire du Québec un pays.
Ce que bien des péquistes attendaient aussi et qu’il a livré dans ce discours, c’est un engagement de la part de l’ex-PDG qui garde une image tenace d’homme de droite de se faire le défenseur du programme et de la tradition progressistes du parti. La gauche de son parti ne manquera pas de lui rappeler cet engagement souvent et avec insistance.
PKP a aussi tenu à laisser une bonne première impression aux anglophones du Québec et d’ailleurs en tentant de les rassurer que l’indépendance ne se ferait pas contre eux. Il n’en convaincra pas beaucoup, mais c’est un début.
D’autres chances de faire bonne impression
S’il veut gagner la confiance des électeurs québécois, l’impression qu’il donnera dans ses premiers jours au pupitre du chef de l’opposition devra les convaincre que son parti représente une alternative crédible pour gouverner la «province». S’il n’y parvient pas, les électeurs ne suivront pas. S’il réussit, il lui faudra bien gouverner pendant plusieurs années pour espérer rallier une majorité à la cause.
À l’exception de Lévesque et de Parizeau, les chefs du PQ qui ont mis l’accent sur le «bon gouvernement» se sont fait reprocher par les «purs et durs» d’être des opportunistes qui croyaient moins à l’indépendance qu’au pouvoir.
Inévitablement, s’il veut étendre ses appuis pour gagner les prochaines étapes, il devra passer le plus clair de son temps à s’occuper de la gouverne au jour le jour. Il n’aura donc pas d’autre choix que de promettre aux Québécois – et ensuite de livrer – un bon gouvernement.
C’est pour ça que la toute première impression qui collera toujours à la peau de PKP – celle de l’indépendantiste au poing levé – lui sera peut-être salutaire pour garder la confiance de ses militants pendant la longue attente jusqu’au Grand Jour.