jeudi, mai 28, 2015

Le cas François Legault

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Philippe Couillard, Asemblee Nationale, premier ministre, parlem
PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, SIMON CLARK

MISE à JOUR 
C’est plus fort que lui, dès qu’il commence à prendre un peu de hauteur, on dirait que le chef de la CAQ est pris de vertige et qu’il sent une irrépressible envie de nous ramener au sous-sol de la démagogie politique.
Ainsi en est-il de sa dernière déclaration :
«Le fait que M. Péladeau soit un indépendantiste, on le sait très bien, que ce soit les propriétaires de Toronto, les propriétaires du Canadien, c'est pas des indépendantistes et ils n'aiment pas ça l'indépendance du Québec»
Je croyais pour ma part qu’il retiendrait la leçon des dernières élections, celle du dernier débat télévisé, où il a offert de loin la meilleure performance des chefs présents. Ayant préparé des élus à une vingtaine de débats moi-même, j’ai reconnu un homme libéré de l’obligation qu’il se fait d’être populiste. En évitant les formules démagogiques et populistes, en livrant le fond de sa pensée, sincèrement, il a gagné le débat.
Il y a deux François Legault, on dirait. Celui qui en lançant la CAQ faisait un plaidoyer pour que l’éducation soit au premier rang de nos priorités et qui caracolait au sommet des sondages. Et celui qui pour gagner, se croit obliger de s’associer à Jacques Duchesneau pour salir André Boisclair. Ce qui le faitdégringoler.
Il y a le François Legault du Projet Saint-Laurent, un livre qui contient des passages inspirants, comme lorsqu’il livre un plaidoyer pour le « beau » en architecture, une préoccupation qui l’honore. Et puis, il y a le chef caquiste qui fait référence à Julie Snyder en l’appelant la « femme de quelqu’un d’autre », un dérapage qui le déshonore.
Cet automne, j’ai entendu le chef caquiste à une radio de Québec (une de celles que nous ne pouvons soupçonner de sympathies gauchistes ou syndicale) plaider contre le gel salarial imposé aux fonctionnaires. Mauvaise politique, disait-il, soulignant que les fonctionnaires québécois sont moins bien payés que les fonctionnaires municipaux, fédéraux et que les employés correspondants dans le privé. Je me disais : « Bon. En voilà un qui a le courage d’aller à l’encontre des préjugés. » 
Et nous revoici encore une fois avec l’autre Legault, le petit populiste, qui essaie de sauver le comté de Chauveau en disant aux gens de Québec que les Nordiques ne reviendront pas parce que PKP veut réaliser l’indépendance. Encore une fois, en voulant marquer un point facile, il se tire douloureusement dans le pied.
Et vous, qu’en pensez-vous amis lecteurs? Aimez-vous mieux le Legault populiste qui tire le débat vers le bas ou le Legault haut, capable de revêtir les habits d’un homme d’État? *

* Vous remarquerez la rime, que j'ai ciselé en hommage à ce plaidoyer pour le beau, du Legault haut.