dimanche, mai 17, 2015

Coup d'État raté au Burundi: 17 membres des forces de sécurité accusés

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Publié par Associated Press le samedi 16 mai 2015 à 19h17.
Coup d'État raté au Burundi: 17 membres des forces de sécurité accusés
BUJUMBURA, Burundi — Dix-sept membres des forces de sécurité du Burundi accusés d'avoir participé au coup d'État raté contre le président Pierre Nkurunziza ont comparu devant un procureur, samedi, qui les a accusés d'avoir tenté de déstabiliser les institutions publiques, ont annoncé les avocats de certains d'entre eux.
Parmi les présumés conspirateurs figurent trois généraux de l'armée, dont un ancien ministre de la Défense, et deux généraux de la police, a indiqué le porte-parole de la présidence, Gervais Abayeho. Les autres accusés sont quatre officiers de grade inférieur et huit soldats. Le présumé instigateur de la tentative de putsch, le major-général Godefroid Niyombare, est toujours en fuite.

La tentative de destitution du président Nkurunziza est survenue après des semaines de manifestations populaires contre sa décision de briguer un troisième mandat. Mercredi, l'agitation dans le pays d'Afrique centrale a atteint un sommet lorsque le général Niyombare a annoncé le coup d'État. M. Nkurunziza se trouvait alors en Tanzanie pour assister à une rencontre régionale sur la crise dans son pays, mais des soldats qui lui sont restés fidèles ont réprimé cette tentative.

Des avocats représentant les suspects ont affirmé samedi qu'ils avaient été torturés en détention.

Miburo Anatole, un responsable du Barreau du Burundi, a déclaré que certains d'entre eux avaient été battus et attachés avec une corde, et qu'ils n'avaient pas de chaussures ni de chemise. Me Anatole représente l'ancien ministre de la Défense Cyrille Ndayirukiye et deux chefs de police.

Un autre avocat, Cyriaque Nibitegeka, a raconté que son client, un responsable de l'armée, avait été forcé d'admettre certains actes sous la menace d'une arme et qu'il n'avait reçu aucune nourriture depuis son arrestation.

Me Nibitegeka a précisé que les 17 suspects seraient jugés devant un tribunal civil. Les accusations auxquelles ils font face sont passibles d'une peine maximale de 15 ans de prison, a-t-il dit.

Gervais Abayeho a affirmé que le président était rentré dans la capitale vendredi, mais il n'a pas été aperçu en public.

Malgré l'échec du putsch, une trentaine de personnes ont promis samedi de continuer à manifester contre la candidature du président pour un troisième mandat, qu'ils jugent inconstitutionnelle.

Les citoyens ont défié l'interdiction de manifester imposée par le président, et juré de continuer à descendre dans les rues pour le décourager de se présenter aux élections de juin.

Des chefs de l'opposition burundaise et des employés de médias privés ont affirmé qu'ils craignaient d'être ciblés par la répression du gouvernement contre ceux qui sont soupçonnés d'avoir participé au coup d'État.

La commission électorale du Burundi révisera la situation dans les prochaines semaines afin de déterminer si les élections peuvent aller de l'avant comme prévu