lundi, mai 04, 2015

Chefferie PQ : Seconde place chaudement disputée

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Pierre Karl Péladeau et Pierre Céré se sont donné la main, alors que le magazine Maclean’s rapporte un échange plutôt musclé entre les deux hommes, en février.
Pierre Karl Péladeau - Pierre Céré

En marge de la course à la chefferie, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet se livrent à une guerre de chiffres

Geneviève Lajoie
Si le quatrième débat des aspirants chefs péquistes s'est déroulé sans affrontement, la seconde place est chaudement disputée en coulisses entre Alexandre Cloutier et Martine Ouellet.

La députée de Vachon a accusé son adversaire de Lac-Saint-Jean de faire de la «vieille politique» en publiant des «pointages» internes qui le place deuxième en marge du débat de dimanche, qui avait lieu à Rimouski.

Le première joute oratoire depuis l'abandon de Bernard Drainville a donné lieu à une discussion sans accrochage entre les quatre candidats restants à la chefferie du Parti québécois.

Les prétendants ont tour à tour dénoncer le «saccage» du gouvernement libéral dans le soutien aux régions. Les discours étaient au diapason aussi sur le thème de la culture.

Le ton était à ce point harmonieux que l'animateur Gilles Gougeon a même dû intervenir après que le magnat de la presse ait dit qu'il était tout à fait d'accord avec le candidat Pierre Céré pour que la transformation des ressources naturelles soit faite ici, au Québec.

«Je vous signale que c'est un débat!», a lancé le modérateur.

C'est plutôt en marge du débat que les candidats ont joué du coude. À moins de deux semaines du scrutin, les prétendants au trône péquiste se sont livrés à une guerre de chiffres. Alexandre Cloutier a sorti un sondage interne démontrant qu'un second tour est à portée de main.

Des appels robotisés réalisés auprès de 1917 personnes démontrent que le favori, Pierre Karl Péladeau, n'obtiendrait pas l'appui de 50% des militants et que le député de Lac-Saint-Jean suit de près en seconde position à seulement sept points d'écart.

Des chiffres aussitôt réfutés par le clan de Martine Ouellet, qui soutient que c'est plutôt la députée de Vachon qui arrive deuxième. La seule femme de la course accuse son adversaire Cloutier de faire de la «vieille politique» avec de telles stratégies. «De quelqu'un pour qui le slogan c'est maintenant autrement, je trouve que ça a l'air souvent du maintenant comme avant», a-t-elle lancé, au terme du débat de deux heures. 

Alexandre Cloutier veut démontrer pour sa part qu'un couronnement du favori PKP est loin d'être acquis. «Ça montre que le deuxième tour est bien réel que tout est possible et rien n'est jamais écrit d'avance. La conclusion de cette course est loin d'être écrite».

Le magnat de la presse a réclamé un mandat fort aux quelque 500 militants qui étaient réunis à l'Hôtel Rimouski. «Un mandat clair et fort, c'est certainement 50% plus un», a-t-il insisté.

Échange musclé

Péladeau aurait menacé Pierre Céré

En colère, l’aspirant-chef Pierre Karl Péladeau aurait menacé son adversaire Pierre Céré de «l’acheter», en février dernier.
 
C’est du moins ce que rapporte le magazine Maclean’s, dans une entrevue réalisée avec le seul candidat à la chefferie du PQ qui n’est pas député.
 
Citizen Kane
 
En marge d’un Conseil national à Laval, Pierre Céré avait causé toute une commotion en comparant PKP à Citizen Kane, un personnage cinématographique incarnant un magnat de la presse qui caresse des ambitions politiques.
 
Dans les heures qui ont suivi, il y a eu un échange musclé entre les deux hommes. Pierre Céré a rapporté des pans de la discussion au Maclean’s. «Il (PKP) a dit: Toi, mon tabarnak, je vais t’acheter. Combien tu coûtes?»
 
H­­­ier, M. Céré n’a pas nié les propos rapportés par le magazine. «Ce n’est pas tout à fait les mots», s’est-il limité à dire.
 
« Ce n’est pas moi »
 
Le baron de la presse n’a pas voulu s’épancher sur le sujet. «Je ne peux pas nier quoi que ce soit, ce n’est pas moi qui tiens ces propos-là, c’est Pierre Céré qui les tient», a-t-il dit.