lundi, mai 11, 2015

Avorter et être pardonnée par l'Église catholique

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Mise à jour le lundi 11 mai 2015 à 9 h 22 HAE  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le pape François, accompagné de cardinaux, dont le Québécois Marc Ouellet, le 2 mai dernier.
Le pape François, accompagné de cardinaux, dont le Québécois Marc Ouellet,
 le 2 mai dernier.
  Photo :  GI/Franco Origlia

Les femmes qui ont avorté et les personnes qui les ont aidées pourront obtenir une absolution de l'Église catholique à l'occasion du Jubilé de la Miséricorde, qui s'ouvrira en décembre prochain, à la suite d'une initiative du pape François. L'avortement n'en demeure pas moins condamnable aux yeux de l'Église.
Le Jubilé, qui s'étendra de décembre 2015 à novembre 2016, est une occasion pour les catholiques d'obtenir un pardon pour leurs péchés. Des milliers de prêtres sont alors envoyés comme missionnaires pour apporter la miséricorde aux fidèles dans des endroits reculés et offrir le sacrement de la « réconciliation ».
« Parmi les possibilités de pardon accordées aux missionnaires de la miséricorde, il y aura aussi l'avortement », a déclaré l'archevêque italien Rino Fisichella, à l'agence italienne Ansa. Les catholiques qui demandent l'absolution doivent alors exprimer un « vrai repentir ».
Selon le droit canon de l'Église catholique, l'avortement est une faute particulièrement grave, punie d'excommunication automatique, à moins qu'il n'ait eu lieu sous la contrainte.
En 2009, par exemple, le Vatican, alors dirigé par Benoît XVI, avait soutenu un archevêque brésilien qui avait excommunié une mère et des médecins qui ont fait avorter une fillette de neuf ans, violée par son beau-père. Il estimait alors que le viol était « moins grave que l'avortement ».
L'Église catholique, souvent accusée d'insensibilité vis-à-vis des filles et des femmes violées, avait été sévèrement critiquée pour cette réaction.
Le pape François condamne clairement l'avortement, qu'il assimile à une « horreur », mais il ne se montre pas moins sensible au sort individuel des millions de femmes, dont de nombreuses catholiques, qui interrompent leur grossesse chaque année.
« L'avortement reste un péché, et le pape n'a pas décidé de l'abroger », a tout de suite rappelé Mgr Valasio De Paolis, un cardinal réputé.
« Il est normal, à l'occasion d'un Jubilé, qui plus est sur la miséricorde, que l'Église [...] lève tous les obstacles pour permettre l'absolution d'un péché très grave comme l'avortement », a-t-il expliqué au journal La Nazione.
Les évêques peuvent déjà autoriser certains ou tous les prêtres de leur diocèse à pardonner l'avortement, mais seulement à des moments particuliers des temps liturgiques comme l'Avent (avant Noël) ou le Carême (avant Pâques).