vendredi, avril 10, 2015

YÉMEN Washington entre dans la mêlée

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Les États-Unis dénoncent l’alliance entre l’Iran et les rebelles

Le secrétaire d’État américain John Kerry
Photo: Mark Wilson
Agence France-Presse
Le secrétaire d’État américain John Kerry
Les États-Unis ont dénoncé jeudi le soutien apporté aux rebelles chiites yéménites par Téhéran, qui a lui-même enjoint Riyad, à la tête d’une coalition anti-insurgés, de cesser ses « actes criminels ».
 
Dans le même temps, les combats sont restés intenses sur le terrain, au quinzième jour des frappes aériennes de la coalition arabo-sunnite dirigée l’Arabie saoudite contre les rebelles et leurs alliés.
 
Le secrétaire d’État américain John Kerry a affirmé sans détour que son pays savait que l’Iran armait les rebelles chiites Houthis ayant pris la capitale Sanaa et de vastes régions du Yémen avant de déferler vers le sud.
 
« L’Iran doit savoir que les États-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières internationales des autres pays », a déclaré M. Kerry.
 
Contre-accusations
 
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, s’en est pris pour sa part à l’Arabie saoudite et aux frappes de sa coalition. Il a demandé l’arrêt de ces « actes criminels », qualifiant l’opération d’« inacceptable ».
 
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a réitéré de son côté jeudi ses appels à la négociation, mettant en garde contre les « répercussions régionales profondes et durables »du conflit.
  
« Il faut un retour à des négociations politiques », a affirmé M. Ban, dont l’envoyé spécial Jamal Benomar a tenté en vain une médiation.
 
Le patron de l’ONU a aussi appelé les belligérants « à protéger les civils et à permettre aux travailleurs humanitaires de fournir en toute sécurité une assistance vitale », soulignant « la gravité de la crise humanitaire ».
 
Dans le cadre du renforcement de son soutien à ses alliés du Golfe, l’armée de l’air américaine a commencé à ravitailler en vol des avions de chasse de la coalition, selon le Pentagone. Washington lui fournissait déjà des renseignements.
 
Des raids de la coalition ont notamment touché jeudi le ministère de la Défense à Sanaa, contrôlée par les Houthis. D’après des témoins, deux bases de la Garde républicaine ont également été visées à Fajj Attan, dans le sud de Sanaa, et à Arhab, dans le nord de la capitale. La Garde républicaine est une unité d’élite restée fidèle à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, aujourd’hui allié aux Houthis.