mardi, avril 14, 2015

Qui sera le prochain chef du Parti québécois? Parler indépendance, le pari de Pierre Karl Péladeau

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Mise à jour le mardi 14 avril 2015 à 12 h 34 HAE
Pierre Karl Péladeau entouré de sa famille : ses enfants Thomas et Romy, ainsi que sa compagne, Julie Snyder
Pierre Karl Péladeau entouré de sa famille : ses enfants Thomas et Romy, ainsi que sa compagne, Julie Snyder
Qui sont donc les candidats à la direction du Parti québécois? Nous vous présentons le portrait de chacun d'eux. Aujourd'hui : Pierre Karl Péladeau.
Un texte d'Hugo LavalléeTwitterCourriel
Un samedi neigeux au début d'avril, Pierre Karl Péladeau se rend dans une cabane à sucre de Saint-Alphonse, en Montérégie, pour rencontrer des militants. Mais lorsqu'on s'appelle PKP, un petit rassemblement se transforme rapidement en grand bain de foule. Militants comme simples clients s'agglutinent autour de lui pour lui serrer la main et se faire photographier en sa compagnie.
La seule qui parvienne à lui faire de l'ombre, c'est sa future épouse, la populaire Julie Snyder. C'est sans doute cette enviable notoriété qui distingue Pierre Karl Péladeau des autres candidats à la direction du Parti québécois.
Moins de week-ends en famille
Être une vedette de la politique n'a pas que des avantages. Les enfants du couple, Romy, 6 ans, et Thomas, 9 ans, ont toujours eu l'habitude depuis leur naissance de passer les week-ends avec leurs parents au chalet familial en Estrie, et ce, même lorsque leur père dirigeait Québecor.
Depuis quelques mois, toutefois, les fins de semaine en famille se font plus rares.
« La vie, elle est exigeante. À juste titre, les militants veulent vous voir, veulent vous rencontrer. »— Pierre Karl Péladeau

Mais Pierre Karl Péladeau ne regrette rien. Diriger Québécor était devenu trop confortable. « J'ai toujours pensé que le Québec devait être un pays », réitère PKP. Il avoue avoir longuement réfléchi avant de se lancer en politique, avoir préparé son coup. « Ça ne s'improvise pas. Surtout, évidemment, lorsque vous avez des responsabilités comme les miennes antérieurement », explique-t-il.
Julie Snyder a été aux premières loges de sa réflexion. « Moi, je me disais : "ça va lui passer". C'est comme quelque chose que tu souhaites faire un jour, mais ça va te passer. Je me disais ça. Je n'y croyais pas », confie-t-elle, dans la première entrevue qu'elle accorde au sujet de son conjoint depuis que ce dernier a choisi de se lancer en politique.
« Il m'a dit : "Je veux vivre selon mes convictions. Je ne veux pas vivre pour mon confort. Je veux vivre selon mes convictions." [...] Là, j'y ai cru, j'ai été obligée d'y croire. »— Julie Snyder

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Le ton abrasif de PKP
Mais le passage d'homme d'affaires à homme politique n'a pas toujours été facile pour Pierre Karl Péladeau. Les attentes à son endroit étaient particulièrement élevées, certes, mais le nouveau député a aussi causé la surprise par sa manière non conventionnelle de faire de la politique. Ton parfois abrasif - surtout sur Facebook -, confrontations avec les journalistes; son style a parfois étonné, parfois choqué.
« Il n'est pas hypocrite. Il n'est pas capable de faire semblant. [...] Il n'a pas développé cette aptitude-là de l'hypocrisie. Et ça, peut-être que ça lui a nui, mais en même temps, c'est probablement sa plus grande force, parce que je pense que les gens sentent qu'il est vrai, Pierre Karl, et qu'il n'est pas capable de faire semblant. [...] Et moi, des fois, j'aurais aimé ça qu'il fasse semblant, mais il n'est pas capable de faire semblant », fait valoir Julie Snyder
Pierre Karl Péladeau lui-même admet parfois dévier de la norme.
« Certaines personnes vont dire que je ne m'exprime pas nécessairement de la façon la plus adéquate. Mes idées peuvent détonner à certains égards. [...] Est-ce que je dois absolument changer pour devenir un politicien de carrière ou rester ce que je suis? Honnêtement, je pense que je vais rester ce que je suis, parce que je pense que c'est une grande qualité que l'authenticité. »
— Pierre Karl Péladeau

Il faut dire que PKP ne pensait pas occuper si vite l'avant-scène. Recruté alors que le PQ avait le vent dans les voiles, le député de Saint-Jérôme s'est lancé en pensant obtenir un poste économique au sein du gouvernement Marois. « Je suis arrivé un peu démuni, sans expérience parlementaire. C'était un festival permanent de la découverte », admet M. Péladeau.
PKP en bref

  • Né à Montréal le 16 octobre 1961
  • Études en philosophie à l'UQAM, puis en droit à l'Université de Montréal
  • Président du C. A. d'Hydro-Québec de 2013 à 2014
  • PDG de Québécor de 1999 à 2013
  • Député de Saint-Jérôme depuis le 7 avril 2014
L'indépendance et l'économie
Plus à l'aise dans une usine qu'à l'Assemblée nationale, Pierre Karl Péladeau mise sur le contact direct avec les électeurs. Le favori de la course met l'accent sur deux priorités : la croissance économique et l'indépendance.
Dès l'annonce de sa candidature dans la course à la direction du Parti québécois, il a entrepris une tournée des régions du Québec, tournée à laquelle il a intégré de nombreuses visites d'entreprises.
Dans le milieu économique, il est bien accueilli : plusieurs le voient déjà premier ministre. « Qu'allez-vous faire pour nous? Que feriez-vous de différent pour l'entreprise indépendante? Que pensez-vous des crédits d'impôt? » lui demande-t-on, lorsqu'il rencontre des entrepreneurs de Lac-Mégantic.
L'économie donc, mais d'abord, l'indépendance. Pierre Karl Péladeau veut remettre le discours sur la souveraineté politique à l'avant-plan.
« Ce que je veux faire, c'est un pays. Ça, c'est clair. Ça, je ne changerai pas d'idée là-dessus! »— Pierre Karl Péladeau

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Malgré la défaite historique d'avril 2014, son objectif reste le même. « Nous avons eu des inquiétudes, des craintes, de parler de l'indépendance depuis les dernières années. Il y a peut-être comme eu un traumatisme après 1995. Alors, c'est certain que si nous voulons faire l'indépendance, nous devons en parler et la démystifier. Malheureusement, durant la campagne électorale, nous avons constaté que nous n'étions pas prêts à le faire », analyse Pierre Karl Péladeau.
Parler indépendance; le pari est risqué au moment où l'option souverainiste semble de moins en moins populaire. PKP se promet de réussir, lui qui a tout mis de côté pour suivre son rêve : faire du Québec, un pays.