samedi, avril 11, 2015

OBAMA ET CASTRO Rencontre historique au Sommet

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Les leaders américain et cubain renouent après six décennies

11 avril 2015 | Alexandre Grosbois - Agence France-Presse à Panama | Actualités internationales
Barack Obama et Raúl Castro se sont serrés la main avant la cérémonie d'ouverture du Sommet des Amériques.
Photo: Agence
France-Presse /
 Presidencia Panama
Barack Obama et Raúl Castro se sont serrés la main avant la cérémonie d'ouverture du Sommet des Amériques.
Les présidents américain Barack Obama et cubain Raúl Castro se sont salués et ont échangé quelques mots vendredi peu avant l’ouverture du Sommet des Amériques au Panama, qui doit consacrer le rapprochement annoncé mi-décembre entre les deux ennemis de la guerre froide. «Ce soir au Sommet des Amériques, le président Obama et le président Castro se sont salués et se sont serré la main», a rapporté Bernadette Meehan, une porte-parole de la Maison Blanche.
 
Le sommet continental historique consacre le rapprochement amorcé entre les deux ennemis de la guerre froide.
 
Les deux hommes étaient à quelques pas l’un de l’autre vendredi soir pour l’ouverture du Sommet des Amériques, puis lors d’un dîner officiel. Mais la Maison-Blanche a indiqué qu’il faudrait probablement attendre samedi pour assister à une véritable conversation, la première entre les chefs d’État des deux pays depuis 1956.
 
La présence des deux hommes à ce sommet, qui réunit pendant deux jours une trentaine de chefs d’État, va couronner le réchauffement annoncé en décembre dernier au terme de 18 mois de tractations menées dans le plus grand secret. Cuba effectue ainsi son retour dans cette grand-messe continentale dont elle restait exclue par les États-Unis et l’Organisation des États américains depuis sa première édition en 1994.
 
MM. Obama et Castro se sont déjà parlés au téléphone mercredi, pour la deuxième fois après leur échange direct du 17 décembre qui avait précédé l’annonce surprise du rapprochement entre les deux pays, a indiqué la Maison-Blanche.
 
Par ailleurs, le secrétaire d’État américain, John Kerry, et le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, se sont entretenus pendant trois heures dans la nuit de jeudi à vendredi, enregistrant des « progrès » selon le Département d’État.
 
Enjeu du terrorisme
 
L’annonce du dégel entre les ennemis de la guerre froide ouvre la voie à de longues et âpres négociations pour résoudre de nombreux points de contentieux hérités de 53 années d’affrontements.
 
Jeudi soir, un sénateur démocrate a indiqué que le Département d’État avait entamé les démarches pour la levée d’un premier obstacle : la présence de Cuba dans la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.
 
Vendredi, un porte-parole a indiqué que M. Obama n’était « pas encore au stade » de prendre une décision sur ce point, sans toutefois écarter « une annonce » pendant le sommet.
 
Le retrait de cette liste est la principale condition posée par Cuba à la réouverture d’ambassades dans les deux pays, même si M. Obama a prévenu que cela « prendrait du temps ».
 
Le président américain a rencontré plusieurs dissidents cubains peu avant l’ouverture du Sommet. Parmi les dissidents présents figuraient notamment l’avocate et journaliste indépendante Laritza Diversent et Manuel Cuesta Morua, a constaté un journaliste de l’AFP.
 
Avant la réunion, M. Obama avait assuré aux militants des droits de l’Homme de la région qu’il était « à leurs côtés ».

Une possible rencontre Harper-Castro
Le premier ministre Stephen Harper est arrivé au Panama, vendredi, pour assister au Sommet des Amériques, où il espère discuter avec le président de Cuba et renforcer ses liens d’affaires avec l’Amérique latine. Il y a trois ans, le Canada et les États-Unis avaient été les seuls pays des Amériques à rejeter une proposition visant à inviter Cuba au sommet.

M. Harper semble maintenant avoir changé d’avis. Une source gouvernementale a précisé que rien n’avait encore été confirmé, mais que le Canada accueillerait favorablement une discussion en personne entre MM. Harper et Castro. Le Canada, qui maintient ses relations diplomatiques avec Cuba depuis 70 ans, a joué un rôle clé dans les récentes discussions entre Cuba et les États-Unis, qui se sont déroulées sur son territoire.

M. Harper prévoit également avoir des échanges bilatéraux avec d’autres leaders et faire une série d’annonces de nature économique impliquant plusieurs pays d’Amérique latine.