jeudi, avril 09, 2015

Manifestations en France contre «l’austérité»

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9 avril 2015 09h39 |Agence France-Presse | Europe
Un manifestant à Rennes. Des marches ont eu lieu dans plusieurs autres villes du pays, dont Bordeaux, Marseille et Nantes.
Photo: Damien Meyer Agence France-Presse
Un manifestant à Rennes. Des marches ont eu lieu dans plusieurs autres villes du pays, dont Bordeaux, Marseille et Nantes.
Paris — Des milliers de personnes manifestaient jeudi à travers la France pour dire « stop à l’austérité » et au blocage des salaires, à l’initiative de quatre syndicats qui appelaient aussi à des arrêts de travail.
 
« Le mot d’ordre, c’est contre l’austérité et pour des politiques alternatives à celle du gouvernement et du Medef [patronat]», a expliqué à l’AFP Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, au côté de son collègue de FO Jean-Claude Mailly à la tête d’un cortège parisien long et dense.
 
Les revendications portent sur « la revalorisation des salaires, la réduction du temps de travail, tout ce qui fait en sorte qu’on puisse développer l’emploi », a expliqué Philippe Martinez, alors que le chômage est reparti à la hausse en février avec 3,5 millions de sans-emploi.
 
Les deux autres syndicats à l’origine du mouvement sont la FSU (éducation) et Solidaires. Plusieurs confédérations représentatives — CFDT, CFTC, CGC, CFDT, UNSA — ne s’y sont pas associées.
 
Dans la matinée, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés en régions, où plus de 80 défilés étaient programmés.
 
Jean-Claude Mailly s’est dit, auprès de l’AFP, « optimiste » sur le plan de la mobilisation, qui intervient une dizaine de jours après les élections départementales marquées par la défaite du Parti socialiste au pouvoir, le progrès de la droite et l’enracinement du Front national (extrême droite).
 
Pour M. Martinez, les salariés ont « sanctionné la gauche » en raison de « l’austérité dont le résultat est le chômage et la montée de la xénophobie ».
 
Hormis dans le transport aérien, où l’appel à la mobilisation télescope un mot d’ordre lancé par le premier syndicat de contrôleurs, les perturbations étaient peu importantes.
 
La Tour Eiffel devait rester fermée jusqu’à 16 h 00 GMT, les personnels d’exploitation (caissiers, agents d’accueil…) du monument payant le plus visité au monde s’étant joints au mouvement.
 
La protestation des syndicats rejoint celle de certains politiques : les écologistes, alliés encombrants des socialistes sans participer au gouvernement, ont demandé un« changement de cap » et la leader socialiste Martine Aubry un infléchissement en faveur« de l’emploi et de la croissance ». L’extrême gauche, dont les communistes, soutient l’initiative syndicale.