samedi, avril 11, 2015

LETTRE Pour «NOS» acquis

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11 avril 2015 | Grecia Esparza Le 9 avril 2015 | Actualités en société
« Nos acquis valent plus que leurs profits », voilà le titre de la première manifestation à laquelle j’ai participé. Et oui, j’ai manifesté contre le budget d’austérité présenté par le gouvernement libéral et je vous rassure, je sais épeler le mot « austérité ».
 
J’ai marché dans les rues de Montréal avec ma soeur criant avec fierté « NOS acquis valent plus que leurs profits », montant le ton lorsqu’on prononçait le mot « nos », non pas parce qu’il est au début de la phrase, mais bien parce que ce mot signifie beaucoup pour moi. Je suis arrivée au Québec avec ma famille il y a déjà six ans et lorsque nous avons quitté notre pays d’origine, nous avons tout laissé derrière nous. Tout. Une nouvelle vie a commencé pour nous, ici, au Québec. Je n’avais que 13 ans, je ne comprenais pas du tout le choix de mes parents de s’installer au Québec et de nous compliquer la vie en devant apprendre une nouvelle langue, le français. Mais tout a pris son sens lorsque j’ai eu mes premiers cours à l’école, que nous avons reçu une aide financière pour que mes parents puissent apprendre le français sans devoir se soucier de ce qu’ils allaient donner à manger à leurs enfants, ou encore lorsque mon frère est tombé malade et qu’il a reçu des soins gratuits. Car les « acquis » — malgré les défaillances — de la société québécoise font d’elle une société où il fait bon vivre. Où des gens comme mes parents rêvent de voir grandir leurs enfants et pour laquelle ils sont prêts à tout quitter. Je vous avoue que j’ai bien peur qu’avec toutes ces nouvelles mesures que le gouvernement libéral planifie de mettre en place, « NOS acquis » ne soient plus des acquis, mais des oublis.