mercredi, avril 08, 2015

L’endettement des Québécois reste soutenable, selon Desjardins

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Le ratio dette-revenu ne dit pas tout, il faut aussi mesurer le poids des paiements mensuels

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La Presse canadienne
L’ampleur de la dette par rapport au revenu des ménages québécois a atteint un sommet en 2014, mais le Mouvement Desjardins est tout de même d’avis que la situation « semble sous contrôle pour l’instant ».

Dans une note de recherche qui survient moins d’un mois après les plus récentes données de Statistique Canada, les économistes du Mouvement Desjardins disent qu’il faut également mesurer la place qu’occupent les paiements mensuels dans le portrait financier des ménages.

« Bien que les dettes continuent de grimper plus rapidement que les revenus, la faiblesse des taux d’intérêt permet de maintenir le poids des paiements mensuels des ménages à un niveau raisonnable », a écrit mardi l’établissement financier.

« L’importance des emprunteurs à risque de ne pas rencontrer leurs obligations financières est demeurée assez stable depuis dix ans. Cependant, la capacité de faire face à un événement qui entraîne une baisse de revenus, comme une perte d’emploi ou une maladie grave, a diminué », ajoute-t-il.

Il est convenu que la popularité des hypothèques à taux variable fait en sorte qu’une partie des ménages serait vulnérable si jamais les taux d’intérêt se mettaient à grimper. Or cette perspective ne s’inscrit pas dans le court terme puisque la Banque du Canada a récemment causé la surprise en diminuant son taux directeur pour que l’économie puisse encaisser l’effondrement des cours du pétrole. Dans l’intervalle, le Mouvement Desjardins croit que les ménages devraient tenter d’« assainir leur bilan ».

Sommet d’endettement

Statistique Canada a indiqué le 12 mars que le ratio de la dette par rapport aux revenus des ménages a atteint 163,3 % à la fin de 2014. Cela signifie que, pour chaque dollar de revenu gagné en 2014, un ménage faisait face à une dette de 1,63 $.

Au Québec, ce ratio est de 146 %, a indiqué le Mouvement Desjardins. Non seulement est-il inférieur à la moyenne canadienne, mais il est nettement plus bas que celui de l’Ontario, où il oscille autour de 170 %. Cela s’expliquerait principalement par les prix de l’immobilier plus élevés en Ontario et ailleurs, qui mènent à des emprunts hypothécaires plus costauds.

Les économistes reprochent souvent à ce ratio d’être passablement réducteur, car il compare une dette à un revenu et ne dit rien sur le taux d’intérêt des emprunts effectués.

L’agence fédérale avait ajouté qu’une autre mesure, celle du service de la dette par rapport aux revenus, a augmenté légèrement à la fin de 2014 mais qu’elle a « continué à osciller autour du plus bas niveau jamais observé ».

Selon Desjardins, le « ratio du service de la dette » ne s’est pas beaucoup éloigné de 16 % depuis 2004. Il affirme que le seuil critique est de 40 %, une situation qui touche un ménage sur 20.

La Banque Royale avait indiqué au moment des données de Statistique Canada concernant le ratio dette-revenu que celles-ci « ne feront rien pour apaiser les craintes selon lesquelles les déséquilibres des ménages s’approchent d’un point de non-retour ». Cela dit, la Royale avait déclaré que « le ratio dette-revenu n’est pas notre mesure préférée de la situation car elle ne tient compte que d’un côté des choses ». Elle préconise notamment de considérer le rapport entre la dette et les actifs.

C’est exactement ce qu’avait souligné l’Institut de la statistique du Québec au mois de février. De 1999 à 2012, la dette moyenne des ménages est passée de 35 100 $ à 69 200 $ (en dollars constants de 2012), avait-il indiqué. Or la valeur des actifs est passée de 295 900 $ à 544 800 $. Les ratios se sont maintenus autour de 12 % et « tendent à se comparer avantageusement à ceux des ménages ontariens et canadiens », selon l’ISQ.

Le Mouvement Desjardins a estimé qu’environ 4 % des ménages québécois se trouvent vis-à-vis du « seuil critique » lorsqu’on compare la taille colossale de leur dette face aux actifs.
146 %
C'est le ratio de la dette par rapport aux revenus des ménages au Québec. Au Canada, ce ratio était de 163,3 % à la fin de 2014.