mercredi, avril 08, 2015

Le premier ministre Couillard rejette tout dialogue avec les étudiants

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8 avril 2015 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
Les enseignants ont souligné à leur manière le premier anniversaire du gouvernement Couillard, en gribouillant à la craie liquide des « souhaits » de fête sur les fenêtres du quartier général du PLQ, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau
Le Devoir
Les enseignants ont souligné à leur manière le premier anniversaire du gouvernement Couillard, en gribouillant à la craie liquide des « souhaits » de fête sur les fenêtres du quartier général du PLQ, à Montréal.
Philippe Couillard n’a aucune intention d’engager un dialogue avec les étudiants qui contestent les restrictions budgétaires imposées par son gouvernement.
 
« Discuter de quoi ? » a lancé le premier ministre à une journaliste qui lui demandait, mardi, s’il pourrait entamer des discussions avec les étudiants en grève. « Si l’objectif pour nous est d’abandonner l’équilibre budgétaire, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de gérer les finances publiques de façon rigoureuse, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de tenir compte de la dette, c’est non. »
 
Un an jour pour jour après l’élection du gouvernement libéral, Philippe Couillard a tenu une conférence de presse qui a débuté par une allocution dans laquelle il s’adressait aux Québécois « qui ont choisi le courage plutôt que l’irresponsabilité ».
 
Prévenant que la présente année ne sera pas facile, il a promis que dès l’an prochain, les missions de l’éducation et de la santé retrouveront « des moyens plus proches de ceux que nous prévoyons leur donner ». La véritable austérité, c’était celle du gouvernement Bouchard, qui a réduit les budgets de l’État entre 1996 et 1998. « Ce qu’on fait actuellement, c’est de faire une pause : on maintient les enveloppes, on les augmente légèrement, très légèrement, c’est vrai. Ça nous permet de repartir sur un meilleur pied après », a-t-il dit.
 
Une majorité de Québécois appuie le plan de redressement des finances publiques de son gouvernement même si les compressions, ce que Philippe Couillard appelle « le changement », ne peuvent faire l’unanimité, a-t-il reconnu. « Je pense qu’il y a une partie substantielle de l’opinion qui reconnaît qu’on est rendu là. »
 
Philippe Couillard a soutenu qu’il ne fallait pas « changer de système », comme l’a évoqué le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, la semaine dernière. « Le modèle québécois, il faut le rendre viable », a-t-il plutôt déclaré. Les choix que les Québécois ont faits en matière de services publics sont « légitimes », encore faut-il qu’ils soient soutenus par des moyens appropriés. « Un discours de solidarité qui ne s’appuie pas sur des finances publiques équilibrées et une dette contrôlée, c’est le discours de l’illusion », a-t-il fait valoir.
 
Philippe Couillard trouve « drôle » qu’on le désigne comme le plus conservateur des chefs libéraux qu’a connus le Québec. S’il se définit comme « plutôt prudent et rigoureux » sur le plan fiscal, il dit souhaiter maintenir les mesures de solidaritéet même les améliorer. « Je crois profondément à la justice sociale. Je crois profondément à la lutte contre les inégalités », a-t-il affirmé.
 
Un an après la victoire libérale, Philippe Couillard est forcé de reconnaître que son gouvernement a rompu plusieurs promesses électorales. Mais il a affirmé ne pas regretter la décision de moduler les tarifs des services de garde en fonction des revenus des parents.« C’est plus équitable », juge-t-il, signalant que les social-démocraties européennes procédaient de la sorte.
 
Par ailleurs, une manifestation « interdite » aux hommes s’est déroulée mardi soir à Montréal, à l’invitation d’une organisation féministe, pour s’opposer aux mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Quelques centaines de femmes se sont rassemblées à la place Norman-Bethune, près du campus Sir-George-Williams de l’Université Concordia, au centre-ville. Un fort cordon policier surveillait le cortège des deux côtés.
 
Depuis le début des manifestations contre l’austérité, plusieurs groupes féministes sont sortis sur la place publique pour dénoncer les décisions du gouvernement et les répercussions qu’elles auraient plus particulièrement sur les femmes.
 
Avec La Presse canadienne