jeudi, avril 30, 2015

Le geste d'une Femen remet en question la sécurité au parlement

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Publié par La Presse Canadienne le jeudi 30 avril 2015 à 17h07.
Le geste d'une Femen remet en question la sécurité au parlement
QUÉBEC — L'irruption d'une militante du mouvement Femen dans une conférence de presse à l'Assemblée nationale jeudi matin soulève des doutes sur la sécurité à l'hôtel du parlement.
Le gouvernement Couillard a fait savoir qu'il s'attend à ce que des mesures soient prises pour empêcher qu'un tel incident ne survienne de nouveau.

La ministre de la Culture, Hélène David, s'apprêtait à amorcer une conférence de presse dans une petite salle conçue à cette fin pour les médias quand la jeune femme qui s'était fait passer pour une journaliste a surgi de nulle part en exhibant ses seins.

Devant les caméras, elle a hurlé «non à la Loi 20» en répétant «avortement, priorité!». Sur sa poitrine était écrit «Priorité IVG» (interruption volontaire de grossesse). Quand elle a soulevé sa jupe, on a pu aussi lire «mon utérus, ma priorité».

Après quelques secondes de ce manège, sous le regard surpris et embarrassé de la ministre, un agent de sécurité s'est emparé de la manifestante pour la sortir de la salle. Les agents ont eu du mal à maîtriser la femme qui a été emmenée de force.

Elle portait une accréditation de presse temporaire d'un jour émise par le Service aux courriéristes parlementaires au nom de Neda Topaloski, pour le compte d'un média appelé «Next».

Une recherche sommaire permet de constater que Neda Topaloski est connue comme une militante associée aux Femen qui a posé ce type de gestes à d'autres occasions.

La ministre a repris ensuite sa conférence de presse concernant le récent jugement de la Cour d'appel sur l'affichage commercial en français.

Le projet de loi 20 qui était dénoncé par la jeune femme porte notamment sur les quotas de patients des médecins. Certains groupes craignent que cela restreigne l'accès à l'avortement.

Le gouvernement prend l'affaire au sérieux et a demandé des comptes. «On considère que cet événement n'aurait pas dû survenir et on s'attend à ce que des mesures soient prises pour que cela ne survienne plus», a déclaré le directeur des communications au cabinet du premier ministre, Charles Robert.

Le Bureau de l'Assemblée nationale fera un examen et s'assurera que des gestes soient posés en conséquence, a-t-il ajouté au cours d'une entrevue téléphonique.

Quant à savoir ce qui était advenu de la femme une fois qu'elle avait été interpellée, les responsables de la sécurité au parlement ont affirmé qu'ils n'étaient pas habilités à discuter de cet incident et ont renvoyé les questions au Service des communications de l'Assemblée, qui a à son tour affirmé qu'il n'était pas autorisé à divulguer des renseignements.

La Tribune de la presse parlementaire, qui regroupe les journalistes qui travaillent à l'Assemblée nationale, a commenté. C'est cette organisation qui émet les accréditations, dont celle qui a été remise à Neda Topaloski. En point de presse, le président de la Tribune, Alexandre Robillard, a indiqué que la personne avait présenté une carte de presse et que le laissez-passer avait été émis en vertu des règles.

«Rien ne permettait de croire qu'on était devant quelqu'un qui était un imposteur», a dit M. Robillard, qui est également correspondant parlementaire de La Presse Canadienne.

Cet incident est «décevant», a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il serait «prématuré» d'affirmer que cet événement nécessite obligatoirement un resserrement des règles de sécurité.

«Est-ce qu'il y a matière à réfléchir de part et d'autre? Oui», a-t-il toutefois concédé.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a pour sa part réclamé un resserrement de la sécurité à l'Assemblée nationale. «Je ne m'attendais pas à ce que notre mécanisme de sécurité soit aussi facilement contournable, a déclaré le député de Bécancour, Donald Martel. Moi, je ne suis pas insécure, mais il ne faut pas être aveugle, on a vu ce qui s'est passé à Ottawa (les attentats de l'automne dernier).»

Les Femen ont déjà fait un coup d'éclat à l'Assemblée nationale. Pendant le débat sur la Charte de la laïcité sous le précédent gouvernement de Pauline Marois, quelques-unes d'entre elles s'étaient mises à hurler dans les tribunes du Salon bleu contre le crucifix au-dessus du trône de la présidence.