mardi, avril 14, 2015

Kevin Bazinet: Bobby veut savoir

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Publié le 14 avril 2015 à 08h18 | Mis à jour à 08h18
Le lendemain d'une finale d'une téléréalité, le gagnant doit toujours... (Photo: Robert Skinner, La Presse)
PHOTO: ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Le lendemain d'une finale d'une téléréalité, le gagnant doit toujours rencontrer énormément de journalistes qui posent souvent des questions similaires. Pour changer un peu la donne, Bobby Bazini a accepté de mettre le chapeau d'intervieweur. Entrevue avec son frère, Kevin Bazinet, le gagnant de la troisième saison de La voix.
Lundi, en début d'après-midi, Marc Dupré, Kevin Bazinet et la journaliste prennent place à une table du Café Cherrier.
Marc Dupré: C'est le temps de la bière! Nous avons dormi moins d'une heure, mais nous sommes vraiment heureux aujourd'hui.
Véronique Lauzon: Kevin, j'ai demandé à ton frère Bobby d'écrire les questions de cette entrevue.
Kevin Bazinet: Trop cool! Oh, wow, je suis content!
V. L.: Bobby te demande: «Comment te sens-tu maintenant que tu peux enfin vivre de ta passion, toi aussi?»
K. B.: J'aime ça savoir que c'est Bob qui a écrit les questions. Je l'entends me les poser. Comme Bob le sait, j'ai commencé à chanter très jeune. Au fait, nous avons commencé notre carrière en même temps et, à un moment, ça a planté pour moi. Pas pour lui. J'essayais de me convaincre que je n'étais pas fait pour ça, mais en fait, j'avais peur.
V. L.: Tu as donc décidé de t'éloigner de la musique.
K. B.: Oui. Et ce fut très difficile. J'ai même vécu une dépression. Et un jour, j'ai appelé mon père en pleurant, c'était horrible. Je lui ai dit: «Comment puis-je passer à côté de mon rêve? Comment puis-je réussir à vivre en faisant abstraction de ma passion?» Je pleurais comme un bébé.
M. D.: Je pense que Kevin est venu à La voix pour combattre sa peur. C'est ce que j'ai senti. Il voulait se reconnecter, se retrouver, ressayer.
V. L.: Bobby veut savoir... «Vas-tu collaborer avec Marc plus tard?»
M. D.: Oui, on va collaborer, c'est sûr. Mais on va attendre de voir ce qu'il veut comme album. ÀLa voix, on impose des choses. Mais là, il faut que ce soit sa vision. (En s'adressant à Kevin.) Il est don' ben fin, ton frère, il pose des questions sur moi!
V. L. (À Marc Dupré): Le connais-tu, Bobby? Pourquoi était-il si peu présent pendant La voix?
M. D.: Je ne le connais pas, mais il m'a envoyé un message privé en me disant qu'il me remerciait pour ce que je faisais pour son frère et qu'il l'aimait en maudit. Ça m'a tellement touché. Et je me mettais à sa place, c'est sûr que tu ne veux pas trop pousser ton frère et le vendre. Je crois que c'était mieux comme ça. Et dès le début, j'ai dit à Kevin qu'il fallait les dissocier. Kevin voulait se retrouver. Sinon, il aurait pu demander de l'aide à son frère et faire ses premières parties.
K. B.: D'ailleurs, il me l'a souvent proposé. Mais je voulais mon histoire, mon parcours. Comme Marc dit, il n'y a aucune chicane entre Bob et moi. Au début, à La voix, ils essayaient beaucoup de nous entremêler. Les gens nous demandaient si l'on pouvait faire telle ou telle chose ensemble. Nous avons finalement convenu que c'était mieux que j'écrive mon histoire à moi.
V. L.: Bobby écrit: «Te souviens-tu quand on était plus jeunes et qu'on essayait d'apprendre Dammit de Blink 182? On cassait les oreilles à tout le monde!»
K. B.: (Rires) Oui! Je me souviens que ma grand-mère n'arrêtait pas de lui dire: «Ferme ta porte! Je ne suis plus capable de t'entendre!» C'était épouvantable pour elle! Mettons qu'on jouait un style de musique un peu plus agressant. Nous avons fait ça de 10 à 18 ans.
V. L.: Bobby ajoute: «Comme on se ressemble et que nous sommes des oiseaux de nuit, comment trouves-tu ça de te lever tôt pour faire des entrevues?»
K. B.: (Rires) Eh bien, je n'ai pas de problème avec ça pour l'instant. Je suis fatigué, mais en même temps, j'ai l'adrénaline dans le tapis.
M. D.: Si je peux te donner un conseil, c'est important d'arriver en forme à des entrevues et des tournages. En début de carrière, j'arrivais en retard et fatigué. J'avais vraiment une mauvaise réputation. Ça peut tuer une carrière, parce que tu perds le respect de tes pairs.
V. L.: Bobby aussi termine par un conseil: «Avant que tu partes pour cette nouvelle aventure qui t'attend, je veux te dire une chose que j'ai apprise à travers les années. Il faut toujours suivre son feeling intérieur, peu importe les choix et les décisions que tu devras prendre.»
K. B.: Il faut se faire confiance, je dois me faire confiance. Et depuis un an, je sens que je suis à ma place.