vendredi, avril 10, 2015

Hydro-Québec ne fera pas payer ses clients résidentiels pour le Plan Nord

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10 avril 2015 |Julien Arsenault - La Presse canadienne | Actualités économiques
Pierre Arcand n’a pas précisé à quoi serviront les 20 milliards qu’Hydro-Québec doit investir dans le cadre du Plan Nord.
Photo: Jacques Boissinot
La Presse canadienne
Pierre Arcand n’a pas précisé à quoi serviront les 20 milliards qu’Hydro-Québec doit investir dans le cadre du Plan Nord.
Hydro-Québec n’ira pas piger dans les poches de ses clients résidentiels pour financer les quelque 20 milliards qu’elle injectera dans le Plan Nord d’ici 2035, assure le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand.
 
Participant à une série d’annonces relativement à des investissements privés, M. Arcand a écarté un scénario similaire à celui du développement de la filière éolienne, souvent évoqué par la société d’État pour justifier des hausses de tarifs. « Dans le cas du Plan Nord, c’est un projet dans lequel il va y avoir suffisamment de clients pour que cela soit rentable pour Hydro-Québec, a-t-il affirmé jeudi à Montréal. Non, le Plan Nord n’engendrera pas de hausses de tarifs. »
 
En mêlée de presse, M. Arcand a également garanti que l’implication d’Hydro-Québec dans le Plan Nord n’aura pas d’impact sur son dividende versé au gouvernement du Québec, qui a atteint un montant record de 2,53 milliards en 2014.
 
Le dossier a refait surface au lendemain de la présentation de la nouvelle mouture du Plan Nord, puisque le document d’environ 50 pages n’indique pas précisément à quoi serviront les 20 milliards qui doivent être investis par la société d’État. Questionné par les journalistes, M. Arcand n’a pas voulu fournir plus de détails entourant les projets qu’Hydro-Québec pourrait piloter puisque les consultations auprès des communautés autochtones concernées ne sont pas terminées. « Avant de les faire connaître publiquement, vous comprendrez que l’on veut en discuter avec nos partenaires, a-t-il dit. Les projets sont extrêmement sérieux. Il y a un potentiel très important. »
 
Le ministre des Ressources naturelles s’est limité à ce qu’il avait dit la veille, rappelant qu’il pouvait s’agir de projets hydroélectriques, de lignes de transport d’électricité ou de fibre optique, afin d’améliorer les communications au nord du 49e parallèle.
 
Sa réponse a été similaire en ce qui a trait aux tarifs hydroélectriques, comme le tarif L, qui pourraient être offerts aux entreprises afin de les inciter à investir dans le nord québécois.« Ça varie et c’est toujours comme cela. Il y a des tarifs de développement économique, d’autres qui tiennent compte du volume. Il n’y a pas une industrie qui est pareille. »
 
M. Arcand était flanqué du ministre de l’Économie, Jacques Daoust, ainsi que du ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, pour confirmer divers projets d’investissements privés totalisant 225 millions sur le territoire québécois couvert par le Plan Nord. Ces derniers étaient accompagnés de représentants de Focus Graphite, Redevances Aurifères Osisko, mine Raglan et le COREM — spécialisé dans la recherche et le développement en traitement de minerai.
 
Estimé à 166 millions, le projet de Focus Graphite débutera par une étude de faisabilité pour la construction d’une usine de transformation pour la production de produits de graphite à valeur ajoutée à Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Le graphite est notamment utilisé dans la fabrication d’anodes pour les batteries lithium-ion rechargeables utilisées dans les voitures électriques et hybrides. Ces annonces ne devraient toutefois pas se traduire par la création significative d’emplois à court terme, a-t-il été précisé.