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mardi, avril 07, 2015

FINANCE ISLAMIQUE Le FMI demande une meilleure réglementation

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7 avril 2015 |Agence France-Presse | Éthique et religion
Ce type de finance respecte la loi islamique (charia) et interdit notamment la spéculation et le recours au taux d’intérêt.
Photo: Adek Berry
Agence
France-Presse
Ce type de finance respecte la loi islamique (charia) et interdit notamment la spéculation et le recours au taux d’intérêt.
Dubaï — La finance islamique, qui connaît une croissance très rapide, doit être plus réglementée et mieux harmonisée pour poursuivre son développement, a estimé, lundi, le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport.
 
Ce type de finance, qui respecte la loi islamique (charia), interdit notamment la spéculation, le recours au taux d’intérêt, qui est assimilé à l’usure, les produits ayant une incertitude excessive ou les investissements considérés comme nuisibles à la société.
 
Selon le FMI, ce secteur, actuellement régi par des règles issues majoritairement de la finance traditionnelle, nécessite un cadre réglementaire et des structures de contrôle répondant à ses risques spécifiques.
 
Le gendarme financier international souligne le « besoin de davantage d’harmonisation et de clarté dans la réglementation, d’une plus grande coopération entre les personnes chargées d’établir les normes dans la finance islamique et traditionnelle et d’une amélioration des outils pour une supervision effective ».
 
La finance islamique est un secteur relativement récent, qui pâtit d’un manque d’économies d’échelle. En outre, elle opère dans un environnement où les lois et la fiscalité, les infrastructures financières et l’accès à des filets de sécurité financiers et aux liquidités de la banque centrale sont soit absents, soit inadaptés à ses caractéristiques, note le FMI.
 
Croissance fulgurante
 
Le poids de ce secteur a doublé en quatre ans et représente désormais 2000 milliards de dollars, alors que la demande pour ces produits augmente rapidement.
 
Quelque 40 millions des 1,6 milliard de musulmans dans le monde sont aujourd’hui des clients de la finance islamique, qui n’était qu’un marché de niche au tout début des années 70.
 
Néanmoins, elle ne représente encore que moins de 2 % des avoirs totaux des banques, estimés à 140 000 milliards.
 
Bien que les organismes de réglementation islamiques aient mis au point un certain nombre de normes, on est encore loin d’un fonctionnement harmonisé, en raison des divergences dans l’interprétation des textes religieux et d’une application limitée des règles.
 
Le FMI met néanmoins en avant le potentiel de la finance islamique dans l’économie mondiale, en soulignant le soutien qu’elle pourrait apporter aux petites et moyennes entreprises, de même que son rôle potentiel en matière d’investissements dans les infrastructures publiques, via les bons islamiques (sukuk).
 
Selon l’organisme financier international, le fait qu’elle interdit la spéculation et prône un système de partage des risques laisse suggérer qu’elle pose un risque moindre que la finance traditionnelle. Elle pourrait ainsi promouvoir la stabilité sur les plans macroéconomique et financier.