lundi, avril 06, 2015

Début de l'enquête préliminaire de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt

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Mise à jour le lundi 6 avril 2015 à 5 h 51 HAE
L'ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt
L'ancien maire de Laval,
Gilles Vaillancourt
  Photo :  PC/Graham Hughes
À compter de mardi matin et pour les huit prochaines semaines, l'ancien maire de Laval Gilles Vaillancourt et les 35 coaccusés arrêtés en même temps que lui, en mai 2013 par l'escouade Marteau de l'UPAC, entendront la preuve recueillie contre eux au cours d'une enquête visant à mettre fin à un système présumé de collusion et de corruption en place entre 1996 et 2010.
Un texte de Isabelle RicherTwitterCourriel
Les 36 prévenus subiront, au palais de justice de Laval, leur enquête préliminaire sous diverses accusations, notamment complot, fraudes envers le gouvernement, corruption dans les affaires municipales.
Trois des accusés, Gilles Vaillancourt, Claude Asselin (l'ex-directeur général de la ville) et Claude Deguise (l'ex-directeur de l'ingénierie), font aussi face à des chefs d'accusation de gangstérisme relativement à ce système d'attribution des contrats contre des ristournes au profit du parti PRO des Lavallois.
Ce sont les chefs d'accusation que ces trois coaccusés contesteront avec le plus de vigueur, comme ils l'ont annoncé au cours d'une conférence préparatoire.
Longtemps, les rumeurs ont pourri la réputation de la gestion des affaires municipales et l'attribution des contrats, mais il aura fallu l'opération « Honorer » pour jeter la lumière sur les agissements allégués de certains élus de Laval, de plusieurs professionnels comme des avocats, ainsi que d'un groupe d'entrepreneurs en construction de la région.
Commission Charbonneau
Lors des travaux de la commission Charbonneau, 13 témoins ont relaté, avec plus ou moins de détails, ce qu'ils savaient de ce système qui tournait autour des trois personnages principaux à l'Hôtel de Ville de Laval.
Leurs témoignages ont été rendus publics, mais depuis une ordonnance de non-publication a été émise par la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC), en prévision de l'enquête préliminaire qui s'ouvrira devant la juge Marie-Suzanne Lauzon de la Cour du Québec.
Parmi les accusés, on retrouve l'homme d'affaires Tony Accurso, qui a longtemps été à la tête d'un empire dans le monde de la construction. Il est accusé de fraude dans deux autres dossiers devant les tribunaux présentement.
On compte aussi Guy Vaillancourt (le frère de l'ex-maire Gilles Vaillancourt), l'avocat Jean Bertrand (qui était l'agent officiel du PRO des Lavallois) qui se représente seul, Rosaire Sauriol (l'ex-vice-président principal chez la firme d'ingénierie Dessau), ainsi que plusieurs autres ingénieurs et entrepreneurs.
Les accusés devront être présents à l'audience, mais ils pourraient obtenir la permission de la cour pour s'absenter.
Passeport
Rappelons que Gilles Vaillancourt n'a pas convaincu la cour, en novembre dernier, de lui rendre son passeport pour lui permettre d'aller passer quelques semaines en Floride, là où il a un condo. Cette permission lui avait été accordée l'hiver précédent.
Un 37e accusé, Robert Cloutier, avait été arrêté lors de l'opération « Honorer », mais il est mort en mars 2014.
Trois procureurs du Directeur des poursuites criminelles et pénales se partageront la tâche de présenter la preuve, alors qu'une trentaine d'avocats leur feront face, pour la défense.
Le ministère public pourra compter sur au moins cinq témoins-collaborateurs, de l'écoute électronique, de la vidéosurveillance et plusieurs autres sources d'information supplémentaires.