jeudi, avril 16, 2015

COURSE AU PQ La partie n’est pas gagnée, scandent les adversaires de PKP

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16 avril 2015 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
Pierre Karl Péladeau
Photo: Paul Chiasson
La Presse canadienne
Pierre Karl Péladeau
Les membres du Parti québécois sont plus divisés qu’il n’y paraît. Le favori de la course à la direction, Pierre Karl Péladeau, échouera à mettre la main sur au moins 50 % des votes le 15 mai, ce qui nécessitera la tenue d’un deuxième tour de scrutin, sont persuadés Bernard Drainville, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier.
 
Le député de Rosemont, Jean-François Lisée, avait pourtant donné gagnant PKP. « Cette course est terminée », avait-il dit il y a un mois et demi. Aurait-il eu tort ?
 
« Si vous pensez que, le soir du vote, cela va être un résultat comme celui que vous voyez dans les sondages depuis des mois, oubliez ça », a déclaré le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, lors d’une conférence de presse mercredi. Pour preuve, il pointe des sondages internes.
 
M. Drainville a été appelé à commenter le sondage Léger-Le Devoir publié dans notre édition de samedi. Avec 9 % des intentions de vote, il figurait au troisième rang, derrière Pierre Karl Péladeau (59 %) et Alexandre Cloutier (13 %). Martine Ouellet et Pierre Céré obtiennent l’appui de respectivement 4 % et 1 % des sympathisants.
 
M. Drainville a discrédité les coups de sonde effectués auprès de soi-disant « sympathisants » du PQ, dont la vaste majorité ne votera pas en vue de l’élection du successeur de Pauline Marois à la tête du PQ en mai. « Ils prennent 1000 personnes, ils identifient 200 sympathisants péquistes et ils élisent le chef à partir de cet échantillon. Depuis des mois, les sondages élisent le prochain chef — c’est toujours le même qui sort en premier — avec un échantillonnage de 10 ou 15 membres [du PQ]. C’est ça qu’on fait. Ben, ce n’est pas ça qui va se passer », a-t-il promis à la veille du troisième débat officiel des cinq candidats à la chefferie du PQ.
 
Date limite
 
Les équipes des différents candidats mettaient les bouchées doubles afin de faire le plein de nouveaux membres au cours des derniers jours. Les sympathisants du PQ avaient jusqu’à mercredi pour acheter une carte de membre du PQ, assortie d’un droit de vote au scrutin de mai.
 
En « blitz », l’équipe de PKP a notamment envoyé une salve de textos en début de semaine aux personnes qui ont inscrit leurs coordonnées sur son site Web. « Encore deux jours pour convaincre votre famille et vos amis de voter PKP […] Merci ! Chaque vote compte », était-il écrit.
 
L’entourage de M. Péladeau dit être derrière la vente de plus de 10 000 cartes de membres du PQ. Si c’est le cas, il serait sacré grand champion du recrutement. D’autres candidats n’en croient pas leurs yeux. De leur côté, ils auraient réussi à convaincre moins de 2000 personnes chacun à adhérer au PQ.
 
Le PQ ne rééditera pas l’exploit de la course de 2005, qui s’est soldée par l’élection d’André Boisclair. Le parti comptait environ deux fois plus de membres comparativement à aujourd’hui : 140 000 membres (2005) contre 70 000 membres (2015), selon des données non officielles.